Un référendum prévu en octobre pourrait changer à jamais le paysage politique de l'Alberta. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, s'est exprimé avec prudence, alertant les Albertains des dangers potentiels d'une telle décision. Ce débat, qui s'intensifie dans la province, suscite des spéculations sur l'éventualité d'une incorporation aux États-Unis.
Avec une population de 5 millions d'habitants, l'Alberta est l'une des provinces les plus peuplées et économiquement puissantes du Canada, surtout grâce à ses vastes réserves pétrolières. L'annonce d'un référendum le 19 octobre a accroché l'attention des médias nationaux et des commentateurs politiques.
Le Premier ministre Carney a souligné les conséquences néfastes d'une éventuelle sécession, s'appuyant sur des parallèles avec le Brexit. Il a averti que “ce référendum pourrait avoir des effets désastreux, semblables aux errances du Royaume-Uni dans sa sortie de l'UE.” En effet, comme il l’a dit, :
“C’est un bluff très dangereux. J’ai vu de mes propres yeux ce qui s’est passé au Royaume-Uni lorsqu’on disait : ‘Votez pour ceci, ce sera une solution souple, et ensuite nous négocierons’, etc. Et au final, dix ans plus tard, ils essaient encore de défaire [des choses pour lesquelles les gens] ne pensaient pas avoir voté.”
Un enjeu pétrolier central
D'après le Calgary Herald, 60 % des Albertains sondés auraient déclaré leur intention de voter contre la séparation. Le ministre de l’Environnement, Grant Hunter, a minimisé les inquiétudes entourant le référendum, affirmant que “le sentiment séparatiste est là, mais sans fondement réel pour un tel changement.” Rappelons que l'économie albertaine, ancrée dans l'exportation du pétrole, vit une période critique avec des projets de pipelines, comme le Trans Mountain, qui pourrait être affecté par des changements politiques.
Au contraire, The Globe and Mail avance que l'indépendance pourrait aggraver la situation des Albertains : “Qui, avec un minimum de bon sens, pense qu’une indépendance renforcerait les exportations de pétrole de l’Alberta ?” En effet, une prospective d'isolement pourrait conduire Ottawa à augmenter les taxes sur les redevances pétrolières, nuisant ainsi à l'économie de la province.
Washington, quant à lui, semble partager un intérêt stratégique pour les ressources naturelles de l'Alberta. Alors que des discussions sur l'indépendance émergent, des responsables américains ont été signalés en contact avec des séparatistes, cherchant à les soutenir, comme révélé par le Financial Times.
Les motivations des partisans de la sécession sont complexes. Évoquant une étude du National Post, l'éditorialiste Derek Fildebrandt souligne que : “Les Albertains ne haïssent pas le Canada. Ils haïssent ce qu'il est devenu et vers où il se dirige.” La frustration se cristallise autour de politiques perçues comme hostile, en particulier celles liées au carbone et aux infrastructures pétrolières.







