En juin prochain, Emmanuel Grégoire, adjoint au maire de Paris, présentera une proposition visant à accorder la citoyenneté d'honneur de la Ville aux civils palestiniens vivant à Gaza et en Cisjordanie, ainsi qu'aux journalistes palestiniens. Dans un entretien accordé au Nouvel Obs le 20 mai, il qualifie cette initiative d'« acte de paix », alors que la situation humanitaire dans la région est préoccupante.
Cette proposition survient dans un contexte où la guerre à Gaza continue de susciter de vives réactions au sein du Conseil de Paris. L'entourage d'Emmanuel Grégoire justifie cette démarche en rappelant que « Paris a toujours été le symbole de la liberté des peuples et de la dignité humaine ». Ainsi, la municipalité déclare soutenir « les civils face à la violence, le droit face à l’arbitraire, la vie face à la destruction ». Ce projet devrait bénéficier du soutien d'une majorité de gauche, incluant les écologistes et les Insoumis.
Une initiative soutenue par la gauche
Ce projet fait suite à la rencontre entre Emmanuel Grégoire et l'ambassadrice de Palestine en France, Hala Abou Hassira. La Ville a rappelé sa condamnation des attaques terroristes du 7 octobre 2023 tout en dénonçant « l'ampleur inouïe » des représailles militaires israéliennes. « Ce sont avant tout des civils innocents qui paient le prix fort de cette tragédie », ajoute-t-elle, tout en affirmant son soutien à la solution à deux États.
Les journalistes palestiniens au cœur de la proposition
Les journalistes palestiniens bénéficieraient également de cette citoyenneté d'honneur. L'équipe du maire souligne que ces reporters ont payé un « tribut considérable » avec leur vie. « Les honorer, c’est également reconnaître le droit des sociétés à accéder à la vérité, » affirme la mairie. Audrey Pulvar, adjointe chargée des relations internationales, rappelle que la capitale a auparavant décerné la citoyenneté d'honneur à des habitants de Kiev et du Haut-Karabakh.
Selon l'ONG Reporters sans frontières, entre décembre 2024 et décembre 2025, au moins 29 journalistes palestiniens ont perdu la vie à Gaza, et plus de 220 journalistes auraient été tués depuis le début du conflit. Cette initiative de la mairie de Paris soulève ainsi des enjeux importants en matière de droits humains et de liberté de la presse.







