Il y a quelques jours, le parti centriste Italia Viva, dirigé par l'ancien Premier ministre Matteo Renzi, a lancé une campagne d'affichage qui a rapidement enflammé le débat italien. Avec son slogan ironiquement évocateur, “Quand elle était là”, cette campagne vise directement Giorgia Meloni, en jouant sur des références historiques sensibles.
Au centre de Milan, un imposant panneau vertigineux s'élève dans la gare, affichant un train conçu dans une esthétique rappelant les plus sombres heures de la dictature fasciste. Au-dessus de ce train se lit en grandes lettres “Quand elle était là”, suivi d'une assertion sans appel : “Les trains arrivaient en retard”.
Pour les Italiens, la phrase “Quand il était là, les trains arrivaient à l’heure” est une moquerie traditionnelle des nostalgiques du régime mussolinien, insinuant que sous Meloni, la ponctualité des trains a disparu, un constat d’échec chuchoté mais évident.
Selon le Corriere della Sera, cette initiative vise non seulement à critiquer le gouvernement actuel mais également à mobiliser des fonds pour renforcer le parti, qui n'a obtenu que 2 à 3 % des intentions de vote lors des dernières élections. Les affiches sont apparues dans plusieurs gares italiennes, accompagnées de variantes de slogans tels que “On payait plus d’impôts” ou “Les jeunes fuyaient à l’étranger”, comme le souligne Il Post.
Pour renforcer l'impact de sa campagne, Renzi a également partagé une vidéo parodique sur YouTube, imitant le ton solennel des journaux télévisés du régime, décrivant une Italie sous Meloni dans une situation chaotique et désastreuse.
Giorgia Meloni “furieuse” ou amusée ?
Établir des comparaisons entre figures contemporaines et Mussolini est un exercice délicat, particulièrement compte tenu des blessures laissées par la dictature. Méloni, autrefois associée à des sympathies néofascistes, est particulièrement touchée par cette instrumentalisation.
Comme le rapporte La Stampa, Meloni réagirait avec colère à la moquerie, soulevant des questions auprès du ministère des Transports et demandant des explications à la Ferrovie dello Stato sur la diffusion des publicités. Cependant, elle a fini par publier une lettre au directeur de La Stampa où elle soutient avoir trouvé la campagne “très efficace d’un point de vue communicationnel”, et en profite pour tacler Renzi : “Lui aussi ‘a été là’, mais ensuite, plus personne n’a voté pour lui”, un rappel saillant de sa chute politique.







