Les territoires de montagne, souvent négligés par les politiques publiques, cherchent à faire entendre leurs besoins spécifiques. Cette volonté s'est concrétisée par l'adoption, mercredi dernier, d'une proposition de loi au sein de l'Assemblée nationale. En première ligne du dérèglement climatique, la montagne, qui représente près de 30 % du territoire français, est confrontée à des enjeux significatifs, allant de l'isolement à l'accès aux services essentiels.
Cette initiative, soutenue par 122 députés de divers partis politiques, vise à s'attaquer à des problématiques telles que les fermetures de classes, l'accessibilité aux soins et la gestion des ressources en eau. Jean-Pierre Vigier, député Les Républicains de la Haute-Loire et rapporteur du texte, a affirmé : "La montagne n’a pas de couleur politique ; nous devons nous unir pour apporter des solutions concrètes aux habitants". Il a également rappelé l'importance d'une différenciation territoriale, un principe établi par la loi montagne de 1985 et renforcé en 2016. Pourtant, 40 ans après ces avancées, Vigier déplore que les retours ne soient toujours pas à la hauteur des attentes.
La récente loi, adoptée par 42 voix contre 11, inclut un aspect consensuel centré sur l’accès aux services publics. Elle impose une réévaluation plus rigoureuse de la carte scolaire dans les zones montagneuses, intégrant des critères d'isolement et de temps de transport pour les décisions concernant les écoles. De plus, des obligations renforcées pour l’accès aux soins sont également incluses, comme l’utilisation de transports sanitaires aériens dans les zones les plus enclavées.
Des mesures pour les services publics
Les débats, marqués par des tensions entre la gauche et le reste de l’assemblée, ont également inclus des discussions sur la gestion de l'eau et l’assouplissement des règles d’urbanisme. Les questions soulevées concernant la neige artificielle et le stockage de l’eau ont suscité des critiques, notamment de la part des groupes écologistes et de La France Insoumise, qui dénoncent une absence de hiérarchisation dans l'usage de cette précieuse ressource, mettant en avant le risque croissant de conflits liés à son utilisation.
Divergences sur l’avenir des massifs
Le processus législatif a mis en lumière des visions divergentes de la montagne. Sylvie Ferrer, députée LFI, a mis en garde contre une approche économiste, plaidant pour une protection urgente de cet écosystème fragile. À ses yeux, il est essentiel d’intégrer des mesures de protection des glaciers, essentielles face aux dérèglements climatiques. En revanche, certains, comme le député RN Alexis Jolly, ont critiqué ce que perçoivent comme une vision trop idéalisée de la montagne, arguant que les réalités économiques des habitants doivent également être prises en compte.
Actuellement, la loi doit encore être examinée par le Sénat pour poursuivre son cheminement législatif, sans qu'une date précise ne soit prévue.







