Le maire de Nice, Éric Ciotti, a récemment annoncé qu'une statue de Max Barel, un résistant communiste emblématique, sera érigée dans la ville. Barel, mort sous la torture à Lyon en 1944, fut une figure marquante de la résistance française. Ciotti, membre du parti UDR, répond ainsi à une demande du Parti communiste français (PCF) des Alpes-Maritimes, dans un geste qui reflète une volonté d'inclusivité. Une délibération sera bientôt présentée au conseil municipal, sans pour autant évoquer les opinions politiques de Barel.
L'initiative de Ciotti est particulièrement remarquable dans le contexte des récents débats sur la représentation historique sur la Côte d'Azur. L'été passé, le maire de Saint-Raphaël, Frédéric Masquelier, avait suscité la polémique avec l'inauguration d'une stèle en hommage aux victimes du "totalitarisme communiste". Dans ce climat, la décision de rendre hommage à Barel semble vouloir corriger le tir.
« Valeurs républicaines »
Max Barel, né en 1913 à Menton, était un fervent défenseur des valeurs républicaines. Fondateur d'une cellule communiste à l'école Polytechnique, il a été décoré de la croix de guerre en 1940 avant de s'impliquer dans la résistance à partir de 1941. Son père, Virgile Barel, a également marqué la politique niçoise en tant que député à plusieurs reprises.
« Son courage et son sacrifice pour la liberté le rendent indispensable à la mémoire collective de Nice », a déclaré Ciotti dans un communiqué. La statue sera située sur la place du même nom, à proximité du port de Nice.
Le PCF des Alpes-Maritimes a salué cette initiative, affirmant qu'elle est une manière de rendre visible une histoire souvent oubliée : celle des communistes, syndicalistes et résistants qui ont combattu le nazisme.
Pas de parvis Sarkozy
Ce geste s'inscrit dans une volonté plus large d'inclusion de la part du nouveau maire. En effet, Ciotti a également décidé de renoncer à la création d'un « parvis Nicolas Sarkozy », voulu par son prédécesseur Christian Estrosi, écartant la controverse que cette décision aurait pu engendrer. À la place, la nouvelle esplanade devant l'hôtel des polices portera hommage aux 86 victimes de l'attentat de Nice du 14 juillet 2016, un choix applaudi par de nombreux citoyens.







