Une immense free party a eu lieu depuis vendredi sur un terrain militaire près de Bourges, attirant environ 17 000 participants. Pourtant, cet événement a provoqué la colère du gouvernement. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, s'est rendu sur place dimanche, au cœur de ce rassemblement musical illégal, situé dans un ancien champ de tir militaire de la DGA (Délégation Générale à l'Armement).
Malgré l'interdiction d'accès au site, la fête s'est poursuivie, poussant le ministre à qualifier l'événement d'« illégal ». Il a également mis en lumière les répercussions de cette manifestation sur les communes voisines, mentionnant des nuisances, des stationnements sauvages, et un « très lourd préjudice » pour les agriculteurs et les riverains. Laurent Nuñez a déclaré au micro de BFMTV :
« Deux obus ont été retrouvés sur le site », ajoutant que la présence de munitions datant pourrait poser d'importants dangers pour la sécurité du public.
33 blessés et 600 verbalisations
Alors que l'événement touche à sa fin, les forces de l'ordre ont observé 33 blessés, dont cinq gravement affectés par la consommation de drogues, et ont dressé environ 600 procès-verbaux. Ces contraventions concernent principalement des infractions liées aux stupéfiants et à l'alcoolémie. Les participants risquent également des sanctions pour avoir pénétré sur un terrain militaire, en violation d'un arrêté préfectoral.
Le ministre a affirmé que ce type de rassemblement doit être encadré par des réglementations spécifiques, notamment une déclaration préalable à la préfecture. La sélection d'un terrain militaire pour ce rassemblement aurait, selon lui, pour but d'exprimer un mécontentement face à la politique de l'État envers les free parties. Il a mis en garde que cette revendication ne fera qu'accroître « la détermination du gouvernement à réprimer ces organisations sauvages ».
Une proposition de loi bientôt examinée au Sénat
Les organisateurs du Teknival de Bourges ont lancé sur les réseaux sociaux une campagne contre la proposition de loi 1133, visant à alourdir les sanctions contre les rave parties non déclarées. Ce texte, déjà adopté en première lecture à l'Assemblée nationale le 9 avril, doit passer par le Sénat. Il prévoit des peines allant jusqu’à six mois d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende pour quiconque contribue à l’organisation d’une rave illégale. Cela inclut la diffusion d’informations pratiques et le transport de matériel de sonorisation.







