Les Jeux d'hiver 2030, attribués à la France, plongent déjà dans une ambiance politique tumultueuse. Des figures comme Muselier, Ciotti, Wauquiez et Barnier s'affrontent, risquant de perturber l'organisation olympique.
Le 24 juillet 2024, lorsque le Comité international olympique (CIO) a choisi la France pour accueillir les Jeux d'hiver, la surprise était absente. Aucun autre pays n'avait été retenu, la Suisse et la Suède ayant décidé de se retirer, préférant consulter leur population avant d'envisager une candidature.
Ce projet, qui a été élaboré rapidement par Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, et Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, est perçu comme une chance de valoriser leur région sur la scène internationale. Ils espèrent que l'« effet JO » leur sera bénéfique lors des prochaines élections en 2028.
Dans le Sud, Muselier s'appuie sur son allié, Christian Estrosi, le maire de Nice. Bien que les Alpes du Sud n'aient pas les infrastructures du Nord, Estrosi propose de réorganiser des sites pour accueillir des épreuves sur glace, y compris le patinage artistique et le hockey, après quelques aménagements.
Un plan déstabilisé par les élections
Cependant, la situation s’assombrit. Le 22 mars, Estrosi se fait battre par Éric Ciotti, ce qui a des répercussions immédiates sur l'organisation des JO. Ciotti commence à questionner l'accueil des épreuves de glace à l'Allianz Riviera, privilégiant la continuité des matches de football. Cela relance les tensions entre Muselier et Ciotti.
En conséquence, Muselier pousse pour une réunion d’urgence des acteurs du Comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques (COJOP). Pendant ce temps, à Lyon, d'autres infrastructures, comme la LDLC Arena, commencent à se positionner pour devenir des alternatives possibles.
Alors que la cérémonie d’ouverture doit se tenir à Lyon, l'incertitude plane sur la clôture à Nice. Les ambitions des alliés de Marine Le Pen pourraient bien prospérer, alors que Muselier envisage une carrière au Sénat d'ici septembre. Néanmoins, le CIO insiste pour que Nice reste un acteur clé du projet, soulignant l'importance de la Riviera dans l'attrait du dossier français.
Michel Barnier dans le jeu
La rivalité politique ne s'arrête pas là. Laurent Wauquiez et Michel Barnier, qui a été à ses côtés lors des élections régionales en 2015, entretiennent des rapports tendus. Barnier, coprésident du COJOP, a vu son rôle pivoter depuis qu'il a quitté la politique nationale pour se concentrer sur l’organisation des JO.
Dans cette dynamique, il a souligné l'importance d'une approche unie : « Lorsqu'on organise les JO, chaque acteur doit faire taire ses ambitions personnelles pour le bien supérieur », a-t-il déclaré lors d'une récente réunion.
Cependant, le COJOP a souffert d'un turnover élevé, avec plusieurs démissions récemment, dont celle de Bertrand Méheut, ancien président de Canal Plus. Ces départs inquiètent quant à la stabilité de l'organisation.
Un budget à revoir ?
Les préoccupations budgétaires sont grandissantes. Les organisateurs espéraient établir les JO « les moins chers de l'histoire », avec un budget initial de 2,1 milliards d'euros, dont 74 % devaient provenir de sources privées. Toutefois, cette estimation pourrait être remise en question face à la hausse des coûts de construction et de l'énergie.
À titre de comparaison, les JO de Cortina-Milano, prévus pour 2026, initialement budgétisés à 1,55 milliard d'euros, pourraient atteindre les 5,2 milliards d'euros. Les dépenses pour les JO de Paris 2024, quant à elles, se montent à 6,6 milliards d'euros, dont 2,77 milliards financés par l'État.
Alors que les présidents régionaux ont reçu le drapeau olympique, l'incertitude reste entière quant à leur capacité à maintenir leurs postes jusqu'à l'allumage de la vasque olympique.







