«Népalais unis, l’histoire est en marche». C'est ainsi qu'a débuté le dernier clip de Balendra Shah, diffusé sur les réseaux sociaux et choisi comme hymne pour sa campagne électorale. Ce dernier, élu maire de Katmandou en 2022, a récemment été porté à la tête du gouvernement népalais, un tournant survenu six mois après des émeutes meurtrières. Son élection en tant que Premier ministre, le 5 mars, est une illustration frappante des mutations politiques au Népal.
Celui que l'on surnomme « Balen » a remporté son siège à la Chambre des représentants face à l'ancien Premier ministre KP Sharma Oli, dont le mandat avait été mis à mal suite à des crises politiques et sociales. Le Parti national indépendant (RSP), qu'il représente, a dominé les élections avec 182 sièges sur 275, reflétant un changement souhaité par une population lasse de la corruption.
Porte-parole de la génération Z
Prenant la parole lors de son serment, Balendra Shah a promis de respecter la Constitution et d'agir pour le bien-être de son pays. Vêtu de noir, il a laissé transparaître son engagement : « Mon cœur est rempli de courage; cette fois, la joie et le bonheur éclateront dans tous les foyers ». Ces mots résonnent comme un écho à son parcours musical engagé, où il a dénoncé, à travers ses textes, les injustices et la corruption des élites népalaises.
Ingénieur civil de formation, Shah a su capter l'attention des jeunes électeurs, se posant en voix de la génération Z. Sa popularité a explosé suite à son élection en tant que maire, où il s'est fait fort de défendre des préoccupations telles que le chômage et la corruption. Son ascension rappelle les paroles des experts qui s'accordent à dire qu'il représente un nouvel espoir pour un pays en quête de réformes.
Transition de pouvoir
Le nouveau gouvernement témoigne d'une volonté de renouveau, avec un cabinet composé de jeunes dirigeants aux compétences reconnues. Parmi eux, Sudan Garang, figure clé de la révolte de septembre, a été nommé ministre de l’Intérieur, tandis que Swarnim Wagle, ancien économiste à l'ONU, s'occupera des Finances. Shah succède à Sushila Karki, qui a dirigé la transition politique du pays.
Alors que le Premier ministre indien, Narendra Modi, et la diplomatie chinoise expriment leur désir de collaborer, divers enjeux se présentent à Balendra Shah. Plus particulièrement, il doit faire face aux résultats d'une enquête sur le traitement violent des manifestations de septembre, qui ont fait au moins 76 morts. Cette pression immédiate lui impose de poser des actions concrètes pour apaiser une population désemparée. Nimisha Shrestha, une jeune étudiante, a d'ores et déjà exprimé son espoir : « J’espère qu’ils ne nous laisseront pas tomber », un sentiment partagé par les nombreux jeunes qui attendent des changements profonds.







