Combien coûte réellement la crise au Moyen-Orient pour les Français et quels en sont déjà les impacts visibles ? Nous avons interrogé quatre Français aux profils variés pour mesurer les conséquences de ce mois de conflit.
Ce texte résume un reportage détaillé. Visionnez la vidéo pour l'intégralité des données.
Nicolas, Alain, Frédéric et Bertrand, qu'ils soient agriculteurs, chefs d'entreprise ou retraités, partagent tous une préoccupation commune : leur pouvoir d'achat est menacé par la guerre au Moyen-Orient.
Alain Lemonnier, 62 ans, a pris sa retraite juste avant le début des hostilités. Vivant en banlieue de Rouen, il est dépendant de sa voiture pour ses déplacements quotidiens. En moins d’un mois, son budget carburant a subi une forte augmentation. "Je remplissais mon réservoir pour environ 70 euros, et aujourd'hui, c'est passé à 84 ou 85 euros. Près de 15 euros de plus par plein !" Des coûts qui l'obligent déjà à restreindre ses sorties. "Nous n'allons plus chercher le pain qu'une fois tous les deux jours. Nous prenons plusieurs pains et les mettons au congélateur pour limiter les voyages," explique-t-il.
Des angoisses accrues pour les agriculteurs
Pour Nicolas Ervin, jeune agriculteur de 30 ans dans le Val-d'Oise, la facture grimpe aussi. Il cultive 200 hectares de céréales et son tracteur consomme un carburant dont le prix a explosé. "Remplir ma cuve coûterait maintenant près de 9 800 euros, presque le double de ce que cela coûtait avant la guerre," s'inquiète-t-il.
Les charges augmentent également pour les engrais, dont le prix a grimpé de 15 % en raison de leur provenance principalement des pays du Golfe. Les aides gouvernementales, selon lui, sont inadaptées : "S’ils nous permettent de lisser les paiements, ces charges devront de toute façon être réglées un jour. La situation est complexe," déplore Nicolas.
Des patrons sous pression
Bertrand Rouillé, 64 ans, qui dirige une entreprise de transport routier dans les Yvelines, doit également faire face à des hausses soudaines. "Avec 150 camions à alimenter, ce mois-ci, nous avons vu nos dépenses augmenter de 160 000 euros," indique-t-il. Il est contraint de répercuter ces coûts sur ses clients.
Ce stress persistant pèse sur l'entreprise : "Si on ne répercute pas au plus vite la hausse des tarifs, de nombreux compétiteurs pourraient ne pas survivre à ce choc financier," craint-il.
Une pénurie croissante de matières premières
Frédéric Barcons, 54 ans, directeur d’une usine de plastique, est confronté à une situation similaire. Les disruptions d'approvisionnement dues à la fermeture partielle du détroit d'Ormuz font grimper les prix. "Nous avons vu nos coûts augmenter de 30 % en seulement dix jours, ce qui impacte directement notre trésorerie," déclare-t-il.
Il anticipe des hausses dans les supermarchés des produits contenant du plastique, indispensable à de nombreux articles du quotidien : "La matière première représente 60 % du prix final, alors avec ces augmentations, il va falloir renégocier les prix avec nos clients," conclut-il.







