L'essentiel
Alors que le conflit au Moyen-Orient perdure depuis trois semaines, les frappes américaines et israéliennes n'ont pas réussi à neutraliser le régime iranien, et l'escalade régionale suscite des inquiétudes au sein des marchés et des gouvernements. L'enlisement de ce conflit embarrasse Donald Trump.
Le président américain se retrouve-t-il déconcerté par la guerre qui fait rage au Moyen-Orient ? Initialement, Trump espérait un dénouement rapide, mais les hostilités s'étendent et perdurent. Selon un rapport de renseignement américain du 18 mars, l'Iran n'aurait pas tenté de réactiver ses activités d'enrichissement nucléaire qui avaient été visées par les frappes de juin 2025. C’était l’un des justifications initiales pour les frappes lancées le 28 février, bien que les informations récentes semblent plus nuancées.
Le conflit a pris une ampleur régionale. D'après des sources, les Émirats arabes unis ont subi des attaques de missiles, et Bahreïn a dû maîtriser un entrepôt en flammes suite à cette escalation qualifiée d'agression iranienne. De surcroît, des drones ont été interceptés et détruits en Arabie Saoudite, renforçant les craintes d'une nouvelle dynamique militaire.
Un régime iranien résilient
La République islamique, malgré la perte de plusieurs de ses hauts dirigeants, refuse de montrer des signes de faiblesse. Le porte-parole du régime a affirmé : "Notre force industrielle en matière balistique est intacte. Même en temps de guerre, nous continuons de produire des missiles". Cette position semble contredire les affirmations de Benjamin Netanyahu, qui déclarait que l'Iran était décimé et n'avait plus la capacité d'enrichir de l'uranium.
Trump dans l'embarras
Pourtant, l'enlisement du conflit ne joue pas en faveur de Donald Trump. Il a, dans des déclarations récentes, exprimé sa surprise face à l'agression iranienne dans la région, assurant que personne ne s’y attendait. Les attaques sur des infrastructures critiques, telle que le site phare de gaz naturel liquéfié au Qatar, fragilisent un peu plus la stabilité des marchés énergétiques, suscitant des craintes d’une flambée des prix qui rappelle le choc provoqué par l’invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022.
Cette guerre, selon Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’OMC, doit servir de "sonnette d’alarme" pour les économies mondiales.
Les promesses de Trump face à la réalité
Pour rétablir la confiance du marché, Trump a promis de limiter les frappes israéliennes sur les installations pétrolières. Bien que sa base de soutien reste solide au niveau national, ses engagements antérieurs de ne pas s’engager dans de nouveaux conflits internationaux sont désormais remis en question. À l'époque, il déclarait : "Je ne déclencherai pas de guerre, je vais arrêter les guerres" lors de son discours de victoire en novembre 2024.
Un enlisement prolongé de ce conflit pourrait nuire à ses ambitions, notamment en ce qui concerne la course au prix Nobel de la paix, alors qu'il s'était positionné comme l'homme capable d'apporter la paix dans le monde.







