La province canadienne de l'Alberta a récemment présenté un projet de loi visant à restreindre l'accès à l'aide médicale à mourir (AMM). Ce texte prévoit que seuls les individus dont la mort est considérée comme « raisonnablement prévisible » pourront bénéficier de cette aide. Danielle Smith, Première ministre de l'Alberta et membre du Parti conservateur uni, a soumis cette proposition au parlement provincial.
Si cette loi était adoptée, elle interdirait l'AMM aux personnes dont le seul problème médical serait un trouble mental, une décision qui suscite déjà de vives discussions. De plus, un proche devrait être présent lors de l'administration de cette procédure, conformément aux nouvelles directives établies dans le projet législatif.
L'aide médicale à mourir a été légalisée au Canada depuis 2016 pour les personnes en fin de vie, mais a été élargie en 2021 pour inclure les patients atteints de maladies graves et incurables, même lorsque la mort n'est pas imminente. Alors que le Canada discute de questions de réforme entourant l'euthanasie, des pays comme la France et le Royaume-Uni avancent également vers des révisions législatives sur ce sujet délicat.
Pierre Poilievre, chef de l'opposition canadienne, a exprimé son soutien à cette proposition, indiquant qu'il est préoccupé par l'éventualité d'étendre cette aide aux enfants ou aux individus ayant simplement des troubles mentaux. Son intervention sur le podcast populaire de Joe Rogan a relayé ces préoccupations sans mentionner directement la loi albertane.
D'un autre côté, Inclusion Canada, une organisation de défense des droits des personnes handicapées, a soutenu cette approche stricte, en appelant à une exclusion totale de l'AMM pour ceux qui ne sont pas en phase terminale et à la protection des personnes vulnérables.
En 2023, un Canadien sur vingt a eu recours à cette procédure, soulevant des inquiétudes quant à la banalisation de l'euthanasie dans le pays. Des experts s'alarment de ce qu'ils perçoivent comme une dérive du cadre juridique, qui pourrait transformer l'AMM en solution thérapeutique, plutôt qu'une décision de fin de vie.







