Un troisième missile tiré depuis l'Iran a été neutralisé par l'Otan dans l'espace aérien turc, annonçait vendredi le ministère turc de la Défense. Ce missile, comme ses prédécesseurs, visait la Turquie dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient. Deux autres missiles avaient déjà été interceptés par l'Otan en début de semaine.
Les autorités turques ont précisé : «Un missile balistique tiré d'Iran et entré dans l'espace aérien turc a été neutralisé par les systèmes de défense aérienne de l'Otan en Méditerranée orientale. Nous prenons toutes les mesures nécessaires contre les menaces pesant sur notre territoire». La défense turque collabore actuellement avec les autorités iraniennes pour clarifier les circonstances de cet incident, selon le ministère.
Des sirènes ont été signalées à la base aérienne d'Incirlik, utilisée par l'Otan dans le sud-est de la Turquie. Selon l'agence Anadolu, les habitants d'Adana, située à seulement 10 kilomètres, ont été alertés par ces sirènes à 3h25 du matin. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent un objet en flammes tombant du ciel.
Le site d'information sur la défense, SavunmaSanayiST, a suggéré que les débris observés pourraient être «des fragments d'un missile balistique», précisant que des sirènes similaires avaient été enregistrées à Batman, située à 600 kilomètres à l'est. En réponse aux récents incidents, la Turquie a déployé un système de défense antiaérienne Patriot dans le centre du pays.
L'ambassade américaine à Ankara a fermé son consulat à Adana et a recommandé aux citoyens américains de quitter la région. Le président iranien Massoud Pezeshkian a démenti, lors d'une conversation avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, que les missiles aient été tirés depuis l'Iran.
Depuis le début du conflit, la Turquie avait jusqu'à présent été relativement épargnée par les frappes iraniennes, qui ciblaient généralement des intérêts américains dans la région. La base aérienne d'Incirlik représente un axe stratégique de l'OTAN, accueillant également des troupes d'autres nations, dont l'Espagne et la Pologne.
En parallèle, les forces américaines sont également déployées à Kurecik, au centre de la Turquie, qui abrite un radar d'alerte précoce jugé essentiel pour le bouclier antimissile de l'OTAN. Cela suscite des inquiétudes à Téhéran, bien qu'Ankara ait nié toute coopération avec Israël concernant les données de ce radar.
Le premier missile intercepté par l'Otan l'a été le 4 mars, moins de 10 minutes après son lancement. L'Otan a, depuis lors, renforcé ses capacités de défense antimissile à travers l'alliance, sans donner de détails supplémentaires.







