Emmanuel Macron, lors de la réception de Volodymyr Zelensky à l'Elysée, a déclaré vendredi que la Russie "se trompe" en pensant que le conflit au Moyen-Orient lui offrirait un "répit". Selon lui, les sanctions américaines sur le pétrole russe doivent rester en vigueur malgré leur levée partielle.
Macron a affirmé : "Rien ne nous détournera de l'Ukraine" et a souligné que "la Russie croit peut-être qu’en raison de la situation en Iran, elle peut une fois encore échapper aux conséquences de ses actes. Elle se trompe."
Il a insisté sur le fait que "la montée des prix du pétrole ne doit pas amener à revoir notre politique de sanctions envers la Russie", mettant en avant la position commune du G7 sur ce sujet. Cependant, il convient de noter qu'un assouplissement temporaire des sanctions a été accordé par les États-Unis jusqu'au 11 avril, dans le but de gérer la flambée des prix du brut.
La Russie, un acteur clé dans le secteur énergétique, dépend de ses revenus pour financer ses opérations militaires en Ukraine. Emmanuel Macron a estimé que la décision américaine n'était qu'une exception et n'affecterait pas durablement les sanctions initialement établies par le G7.
Volodymyr Zelensky, quant à lui, a exprimé son inquiétude quant à cette décision, affirmant qu'elle pourrait renforcer la position de la Russie, ce qui nuirait à la paix. Il a soutenu que cet assouplissement des sanctions pourrait rapporter à la Russie environ 10 milliards de dollars, offrant ainsi des fonds potentiels pour des drones et armements.
"Lever les sanctions alors que cela pourrait engendrer plus de drones pour nous attaquer ultérieurement n'est pas une décision judicieuse", a-t-il déclaré, insistant sur l'impact direct de ces ressources financières sur le conflit régional.
Tout en déclarant que Téhéran n’avait pas sollicité d'aide militaire de la Russie, des sources américaines affirmant que des échanges de renseignements avaient eu lieu, ce qui soulève des inquiétudes supplémentaires.
La visite de Zelensky à Paris, sa douzième depuis le début du conflit, survient dans un moment capital où le conflit entre les États-Unis, Israël, et l'Iran accapare les préoccupations internationales.
Récemment, un militaire français a perdu la vie et six autres ont été blessés lors d'une attaque de drone en Irak, un drone d'origine iranienne qui soulève parallèlement des questions sur les techniques de guerre employées par la Russie.
L'Ukraine cherche à transformer son expertise en interception de drones, développée notamment sur le terrain, pour contrer ces menaces. Des spécialistes militaires ukrainiens ont déjà partagé leurs connaissances dans plusieurs pays du Golfe et Zelensky a appelé à une coopération plus étroite avec les pays européens.
Macron et Zelensky ont également discuté de la promesse d'un prêt de 90 milliards d'euros des dirigeants de l'Union européenne à l'Ukraine, qui reste bloquée à cause des demandes de la Hongrie concernant l'alimentation en pétrole.
Macron a réaffirmé son engagement à ce que ces fonds soient libérés, confirmant que "c'est une obligation pour chaque État de respecter ses engagements".
Ce sujet sera une fois de plus au cœur des discussions lors du sommet prochain de l'UE à Bruxelles, où seront également examiné les besoins en armement de l'Ukraine.
Zelensky a exprimé son urgent besoin de systèmes de défense antiaérienne, tels que les SAMP-T franco-italiens, pour faire face aux attaques russes. Pendant ce temps, en Ukraine, une nouvelle attaque a causé au moins trois morts et plusieurs blessés dans la région de Kharkiv, rappelant que le conflit est loin d’être résolu.







