Paris (AFP) – À seulement quatre jours du premier tour des élections municipales, le débat prend une tournure présidentielle avec le meeting d'Edouard Philippe au Havre, où l'ancien Premier ministre espère décrocher un nouveau mandat. Ce scrutin pourrait être déterminant pour sa trajectoire vers l'Elysée.
Maire de la ville portuaire depuis 2010, Edouard Philippe unit ses partisans au théâtre Le Normandy (18h30). Simultanément, son principal rival, le député communiste Jean-Paul Lecoq, organise son propre meeting à la salle Franklin. Philippe, candidat déclaré à la présidentielle et président du parti Horizons, a implicitement lié sa réélection au Havre à ses ambitions nationales. "Si je perds les élections municipales, je ne serai pas dans la meilleure des positions pour aborder la suite", a-t-il déclaré à Paris-Normandie.
Un récent sondage Opinionway, publié le 25 février, met en lumière une situation délicate, le plaçant en position de perdant (42% contre 40%) face à Lecoq dans le cadre d'une éventuelle triangulaire avec le candidat d'extrême droite, Franck Keller, à 18%.

Philippe a réagi à ce sondage en soulignant qu'il devait être pris avec "grandes précautions", celui-ci ayant été commandé par l'observatoire "Hexagone", soutenu par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin. Néanmoins, cette étude attire l'attention sur la compétition intense au Havre, subsidiaire aux batailles présidentielles où Philippe reste l'un des favoris de la droite et du centre.
Sa campagne, s’annonçant à double détente, oscille entre la présidentielle et les municipales. Le maire sortant a décrit la candidature UDR-RN comme étant destinée à fausser le jeu, représentant essentiellement une menace pour sa réélection en facilitant un éventuel succès communiste. "Son objectif est de me faire perdre, pour faire gagner le communiste", a-t-il détaillé.
Le PS réagit contre LR
Les tensions entre partis restent palpables. Une source au sein du parti des Républicains a exprimé son mécontentement : "L'UDR, c'est le cauchemar d'Horizons". Ce climat de rivalité se renforce alors que le Parti socialiste a récemment convoqué une conférence de presse pour dénoncer ce qu'il appelle "les alliances de la honte" entre le RN et Les Républicains.
À plusieurs jours des élections, les candidats intensifient leurs efforts. Jean-Paul Lecoq, le candidat communiste, a déjà reçu des propositions de coopération de la France Insoumise pour maximiser les chances de défaite de Philippe. Ce pari sur l'alliance politique entre leftists à la municipalité pourrait reshaper la cartographie politique locale.
Alors que la campagne s'intensifie, d'autres meetings et débats pré-électoraux sont prévus, modèles ambitieux pour déstabiliser des mairies sortantes notamment à Toulouse et Lille, où des enjeux collatéraux se dessinent.
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