Après l'annonce par Israël de la fermeture des passages frontaliers vers la bande de Gaza, dont celui de Rafah, la population se trouve de nouveau plongée dans une situation délicate. Les espoirs de départ pour étudier ou retrouver des proches se sont évaporés comme de la fumée. La récente offensive israélo-américaine contre l'Iran a accentué cette anxiété, comme l'explique Fadi Emad, un jeune de 19 ans qui aspirait à poursuivre ses études à l'étranger : « J'étais très heureux lorsque Rafah a rouvert, car je pensais que je pouvais enfin construire mon avenir. Mais maintenant, je me sens dévasté psychologiquement. » Selon une dépêche de Sud Ouest, cette fermeture a d'ores et déjà des conséquences directes sur la vie des Gazaouis, avec une flambée des prix et une raréfaction des biens essentiels.
Le passage de Rafah, qui constitue la seule issue vers le monde extérieur ne contrôlée par Israël, avait suscité un moment d'espoir lors de sa réouverture partielle en début de février, près de deux ans après sa capture par les forces israéliennes.
D'après les témoignages recueillis, comme celui d'Ali Al-Chanti, un homme de 40 ans : « Nous pensions que la situation s'améliorerait progressivement. Mais avec la guerre qui a éclaté contre l'Iran, nous sommes de nouveau revenus à la case départ. » Les répercussions de cette fermeture sont immédiates, et le coût de la vie grimpe en flèche.
« L'ouverture du passage est devenue une question de vie ou de mort pour nous », souligne un habitant.
Aide humanitaire et espoirs brisés
Malgré l'ouverture du passage de Kerem Shalom, permettant une entrée limitée de l'aide humanitaire, la situation demeure précaire. Les 500 000 litres de carburant et l'assistance apportée par l'ONU, bien que salués, ne suffisent pas aux besoins de la population. Les malades, comme Mohammed Chamiya, 33 ans, atteint d'une maladie rénale, ne voient d'autre échappatoire que de passer par Rafah pour recevoir des soins. « Chaque jour qui passe me rapproche de la fin », confie-t-il, désespéré.
Tahani Abou Charbi, une mère de famille, raconte comment son rêve de retrouver son mari à l'étranger s'est brisé : « Nous étions très heureux lorsque Rafah a rouvert, mais tous nos espoirs se sont évaporés. Je souhaite simplement que le passage rouvre pour nous rassembler à nouveau. »







