Paris (France) – Confronté à une forte pression des partis d'opposition, le gouvernement français s'active pour trouver des solutions à la hausse des prix du carburant, en grande partie causée par le conflit au Moyen-Orient. Cependant, il refuse jusqu'ici d'évoquer la possibilité d'aides publiques, de crainte de nuire aux finances publiques.
Ce lundi, le prix du baril de Brent a bondi de 10,46 % pour atteindre 102,39 dollars, atteignant même un pic temporaire de 28 % avant de se stabiliser, suite à l'annonce d'une éventuelle libération des réserves stratégiques de pétrole par les pays du G7. Depuis le début des hostilités, le prix du gazole a explosé, enregistrant une hausse de 15 %. Au 9 mars, le litre de gazole se vendait en moyenne à 2 euros, contre environ 1,72 euro le 27 février, veille des frappes israélo-américaines sur l'Iran, d'après les données commerciales officielles.
Quant à l'essence la plus répandue, le SP95-E10, son prix a augmenté de 10 centimes, atteignant en moyenne 1,82 euro le litre, soit près de 6 % de hausse depuis la fin février. Alors que ces augmentations impactent directement le budget des ménages, le gouvernement se montre réticent à accorder des aides directes.
Tous les scénarios étudiés
La ministre déléguée à l'Énergie, Maud Bregeon, a déclaré sur RTL : "Il est trop tôt pour parler d'aides. Nous réfléchissons à toutes les possibilités mais rien n'est encore décidé." Cette déclaration intervient alors même que certains acteurs politiques, comme Marine Le Pen, proposent de baisser les taxes sur les carburants pour atténuer l'impact des hausses.
À l'international, des mesures ont d'ores et déjà été mises en place par des pays asiatiques pour pallier ces hausses. La Croatie, par exemple, a également instauré un plafonnement des prix de l'essence et du gazole pour soulager les consommateurs.
La ministre Bregeon a ensuite évoqué un plan de contrôle des prix dans les stations-service, précisant que 500 vérifications seraient effectuées entre lundi et mercredi, ce qui permettra de garantir que les prix affichés en ligne correspondent à ceux pratiqués aux pompes.
Réagissant à cette situation, Jennifer Richard, une automobiliste de 37 ans, a témoigné : "Au début, on ne pensait pas être touchés, mais les hausses sont bel et bien là. Je crains qu'il y ait des abus."
Mal au portefeuille
Jordan Bardella, président du Rassemblement National, a réitéré son appel à une réduction des taxes sur le carburant pour éviter que l'État ne profite de la crise actuelle. Cependant, la ministre Bregeon a averti que réduire l'accise sur les produits pétroliers provoquerait un manque à gagner d'environ 20 milliards d'euros pour l'État.
En somme, la question des carburants n'est pas à prendre à la légère : en 2023, les dépenses de carburants ont représenté plus du quart des dépenses de transport des ménages, pesant significativement sur le budget des Français, selon des estimations du gouvernement. À l'heure où le parc automobile français compte près de 40 millions de véhicules, la résolution de cette crise pourrait avoir des conséquences durables sur le quotidien des automobilistes.







