Mitry-Mory, en Seine-et-Marne - Camélia, une élève de 17 ans, a mis fin à ses jours mardi dernier, un acte tragique qui a profondément choqué sa communauté, suscitant des appels à une action plus vigoureuse contre le harcèlement scolaire en France.
Scolarisée au lycée Balzac, l'adolescente aurait envoyé un message à sa mère pour la prévenir de son geste avant de se jeter sous un train à la gare de Villeparisis-Mitry-Le-Neuf. Selon le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, cette décision exceptionnelle de Camélia serait liée à un harcèlement scolaire dont elle était victime depuis plusieurs mois.
Les enquêtes ouvertes par le parquet visent à établir les circonstances précises de son décès, ainsi que les causes du harcèlement, un délit qui, s’il est établi, pourrait entraîner des peines de dix ans de prison pour les harceleurs. La communauté scolaire s'est mobilisée, avec des rassemblements dénonçant la souffrance de Camélia, où des centaines de personnes, incluant ses camarades et des anciens élèves, ont exprimé leur indignation et leur tristesse.
Chloé, une camarade de classe, a décrit Camélia comme une jeune fille joviale, tandis qu‘Ilyana évoque sa capacité à dissimuler sa douleur à ses amis. De plus, une enquête policière a révélé que des insultes, parfois à connotation sexuelle, avaient été proférées à son encontre depuis environ un an, impliquant un petit groupe de harceleurs soutenus par d'autres élèves.
Malgré des interventions de l'administration scolaire, la situation s'est détériorée. La famille a rapporté que le jour même du décès, Camélia avait été convoquée par la direction de l'établissement, un entretien inapproprié qui, selon eux, a minimisé son expérience. En conséquence, le personnel scolaire est désormais sous pression, victime d'attaques numériques et de menaces.
« Ce qui est arrivé à Camélia est inacceptable », a déclaré un enseignant, soulignant l'importance d'aborder le harcèlement scolaire comme un problème systémique. Après plusieurs autres suicides d'adolescents liés au harcèlement, ce tragique événement rappelle l'urgence de rendre cette question prioritaire dans les politiques éducatives et sociétales.
Enfin, bien que l'académie de Créteil ait décliné l’ouverture d’une enquête administrative, une cellule psychologique a été mise en place pour les élèves, afin de traiter les conséquences émotionnelles de cette tragédie.
Il est crucial que ce drame serve de catalyseur pour engager une réflexion collective sur la lutte contre le harcèlement scolaire en France.







