Dans un mouvement significatif pour l'industrie sidérurgique française, ArcelorMittal a récemment scellé un accord avec EDF pour garantir un approvisionnement électrique nucléaire sur une période de 18 ans. Cet engagement, qui débutera le 1er janvier 2026, permettra à ArcelorMittal de stabiliser ses coûts d'énergie tout en répondant aux exigences croissantes en matière de durabilité.
Le contrat stipule qu'EDF fournira une part de l'énergie générée par son parc nucléaire en fonctionnement, renforçant ainsi la stratégie de décarbonation de l'acier produit sur le sol français. Reiner Blaschek, CEO d'ArcelorMittal Europe - Produits plats, a souligné l'importance de cet accord : « Cela nous fournira une électricité à faible empreinte carbone, un élément essentiel pour notre compétitivité future. »
Évoquant les détails de cet accord, Béatrice Bigois, directrice exécutive chez EDF, a déclaré : « En accompagnant ArcelorMittal, nous sommes fiers de participer à la décarbonation de l'industrie tout en soutenant la souveraineté énergétique nationale. » Ce partenariat s'inscrit dans une tendance plus large, alors que les entreprises cherchent des solutions pour répondre aux défis posés par la transition énergétique.
Pourtant, certaines préoccupations subsistent quant à la mise en œuvre de projets de décarbonation des hauts fourneaux à Dunkerque, qui restent incertains. En mai 2025, le groupe avait envisagé d'investir jusqu'à 1,2 milliard d'euros dans cette démarche, mais l'engagement d'ArcelorMittal à mener ces projets dépend de la mise en place de protections commerciales en Europe contre les importations d'acier, notamment en provenance de Chine. Jean-Marc Vecrin, coordinateur CFDT du groupe, a exprimé des réserves sur ces engagements, soulignant que, malgré des signaux positifs, rien n'est encore assuré.
Les contrats d'approvisionnement en électricité nucléaire (CAPN), tels que celui signé par ArcelorMittal et EDF, permettent aux industriels de verrouiller les tarifs de l'électricité sur des périodes prolongées, tout en prenant en charge certains risques liés à la production énergique. Ce type d'accord s'applique principalement aux industries très énergivores, mais a récemment été élargi pour inclure d'autres entreprises ayant des besoins électrique élevés. En ce sens, l'accord entre ArcelorMittal et EDF représente une avancée stratégique qui pourrait influencer positivement le paysage économique français.
Avec 15 000 employés en France, ArcelorMittal reste un acteur majeur, et ce partenariat pourrait bien façonner l'avenir de l'acier produit dans le pays, alliant innovation, rentabilité et respect de l'environnement. Selon des experts du secteur, les succès futurs des projets de décarbonation pourraient dépendre non seulement de l'engagement d'ArcelorMittal, mais aussi des politiques gouvernementales visant à renforcer les industries locales.







