Bravant les conditions météorologiques difficiles et les interdictions préfectorales, une centaine de tracteurs des membres de la Coordination Rurale s'est mise en route vers Paris pour exprimer leur colère et leur frustration face aux défis du secteur agricole.
Sous la pression d'une epizootie de dermatose bovine, de la hausse des coûts des engrais et de la menace d'une concurrence accrue avec les pays du Mercosur, les agriculteurs ont décidé de faire entendre leur voix. Lionel Candelon, président de la Chambre d'agriculture du Gers, a annoncé que "tant qu'aucune réponse satisfaisante ne sera fournie, nous continuerons à concentrer nos efforts sur Paris et Bruxelles".
Le syndicat, qui est le deuxième en importance en France, a prévu d'entrer dans la capitale jeudi matin afin de se diriger vers des lieux emblématiques et rencontrer des parlementaires. Selon les informations recueillies, de nombreux tracteurs ont déjà été aperçus aux abords de Paris, attendant le feu vert des autorités pour poursuivre leur chemin.
Des incidents ont déjà eu lieu : ce mercredi, quatre tracteurs ont forcé un barrage de gendarmerie dans les Yvelines, touchant des véhicules des forces de l'ordre. Les autorités ont noté que plusieurs dizaines de tracteurs se sont regroupés dans les départements voisins, notamment en Seine-et-Marne et en Essonne.
Les fermiers, principalement originaires du Sud-Ouest, ont intensifié leur mobilisation en élevant des barrages sur les principales routes autour de Toulouse, même en dépit de températures glaciales et des interdictions de manifester. David Charmatz, procureur de la République de Toulouse, a mentionné que 16 manifestants avaient été placés en garde à vue pour entrave à la circulation.
Bertrand Venteau, président de la CR, a exprimé son exaspération face à l'ampleur des mesures prises par les autorités, affirmant que l'engagement des agriculteurs restera intact : “Même en prenant des chemins détournés, nous réussirons à atteindre Paris.” Les espoirs demeurent après le quatrième avis du Premier ministre Sébastien Lecornu qui a promis des annonces importantes d'ici la fin de la semaine.
Cette situation s'avère préoccupante. Les agriculteurs à travers la France clament que l'accord avec le Mercosur, en discussion pour signature le 12 janvier, pourrait menacer l'agriculture européenne. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a qualifié cet accord d'inacceptable pour les agriculteurs locaux.
En réponse à la crise, le gouvernement explore des mesures telles que la suspension de la taxe carbone sur les engrais, bien que cette promesse n'ait pas encore été confirmée par la Commission européenne. Les préoccupations demeurent vives dans le milieu agricole, et comme le souligne François Ruffin, député de la Somme, "les aides financières ne suffiront pas à compenser les véritables enjeux auxquels nous sommes confrontés".
Alors que les tracteurs continuent leur route vers Paris, une cellule de crise interministérielle a été mise en place pour gérer la situation, en assurant la sécurité des manifestants et du public.







