Dans une déclaration fracassante, le président du Conseil de transition du Sud (CTS), Aidarous al-Zoubaidi, a officialisé l’amorce d’un processus d’autodétermination pour le Sud du Yémen. Ce projet, qui s'étend sur deux ans, débouchera le 2 janvier 2028 sur un référendum visant à rétablir l’État du Yémen du Sud. Cette initiative survient dans un contexte de tensions croissantes, exacerbées par des frappes aériennes menées par l'Arabie saoudite contre des positions du CTS, faisant état d’au moins sept victimes et de nombreux blessés.
Les forces du CTS avaient déjà pris le contrôle de plusieurs zones stratégiques dans la province riche en pétrole de Hadramaout, attisant les conflits avec l’armée saoudienne qui soutient le gouvernement officiel du Yémen. Le chef militaire a remis en question ces frappes, signalant que des incursions terrestres avaient également eu lieu, attribuées à des militias islamistes et à Al-Qaïda, ce qui complique encore davantage la situation sur place.
Dans le même temps, les Émirats arabes unis, ancien soutien du CTS, annoncent un désengagement total de leurs troupes, suscitant des interrogations sur l’avenir de ce mouvement sécessionniste. Les Émirats ont, dans un communiqué, encouragé une désescalade des hostilités, laissant le CTS sans son principal allié, alors que la coalition saoudienne semble déterminée à rétablir son autorité. Ce retrait a amplifié l'impuissance d'Al-Zoubaidi face à l’avancée des forces gouvernementales.
La réunion d'urgence convoquée par le gouverneur de Hadramaout, Salem Al-Khanbashi, vise à pacifier les tensions. Les déclarations réciproques, à la fois des autorités saoudo-émiriennes et du CTS, montrent à quel point ces conflits de pouvoir s’enveniment. La communauté internationale observe attentivement, alors que des experts, comme le politologue yéménite Ahmed Al-Azi, soulignent l'incertitude d'un tel référendum au cœur d'une guerre complexe. Selon lui, « l'absence de stabilité et de sécurité rend difficile de croire que cette période de transition sera pacifique et ordonnée ».
Le chemin vers l'autodétermination semble encore long et semé d'embûches, mais le CTS ne montre aucun signe de calme pour l’instant. La dynamique actuelle pourrait redessiner les contours géopolitiques du Yémen, tout en restant un sujet de vives inquiétudes sur le terrain.







