Les problèmes s'accumulent pour Meta en Europe. Vendredi dernier, Bruxelles a ordonné au géant technologique américain d'apporter des modifications à Facebook et Instagram, dont les interfaces sont considérées comme excessivement « addictives ». En cas de non-conformité, la société pourrait se voir infliger des amendes considérables.
La Commission européenne reproche à Meta de ne pas avoir suffisamment évalué et minimisé les risques associés à l'utilisation de ses plateformes, en particulier pour les mineurs et les adultes sensibles. Les caractéristiques telles que les flux de contenus illimités, les recommandations personnalisées et la lecture automatique de vidéos sont principalement pointées du doigt. Ces dispositifs, conçus pour maximiser les recettes publicitaires, incitent à une consommation excessive des contenus, parfois néfaste pour la santé mentale.
« Ces fonctionnalités favorisent une utilisation compulsive, rendant les utilisateurs presque incapables de s'arrêter », a déclaré un représentant de la Commission. Ce dernier a également souligné que les dispositifs de contrôle parental intégrés par Meta sont jugés trop compliqués à utiliser, ce qui complique la gestion du temps d'écran pour les adolescents.
En réponse, un porte-parole de Meta a contesté ces conclusions, affirmant que la société prenait des mesures importantes pour protéger les jeunes utilisateurs. « Nous avons des outils en place pour permettre aux parents de réguler le temps passé sur nos applications », a-t-il ajouté, en mentionnant des fonctionnalités lancées il y a deux ans.
Cette injonction s’inscrit dans le cadre d’une enquête débutée en mai 2024, où le groupe est accusé de négligence concernant la sécurité des mineurs en ligne, sous le règlement européen sur les services numériques (DSA). TikTok a reçu une demande similaire plus tôt cette année.
Protéger la santé physique et mentale
« Il est essentiel que les réseaux sociaux prennent des mesures pour protéger la santé mentale et physique des utilisateurs », a déclaré Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission en charge du numérique. Meta aura la possibilité de répondre à ces accusations et d'implémenter des mesures correctives, sous peine de lourdes sanctions qui pourraient atteindre jusqu'à 6 % de son chiffre d'affaires mondial.
Les accusations à l’encontre de Meta ne se limitent pas à l’Europe. Aux États-Unis, un jury de Los Angeles a récemment imposé une amende de 6 millions de dollars à Meta et Google pour leur rôle dans la création de plateformes jugées addictives.
Ces démarches concertées visent à renforcer la protection des jeunes internautes, et Bruxelles envisage d'autres restrictions pour limiter l'accès des enfants aux réseaux sociaux. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, recevra lundi les recommandations d'un comité d'experts sur ce sujet délicat.







