Ce chef-d'œuvre est arrivé vendredi au British Museum de Londres, où il sera prêté pour une durée d'un an après un transfert minutieusement orchestré sous haute surveillance, ont rapporté des journalistes de l'AFP. Le directeur du British Museum, Nicholas Cullinan, s'est réjoui de cet événement, le qualifiant de "moment unique, fruit d'un travail acharné".
Une date tenue secrète
Cette broderie de laine sur lin, mesurant près de 70 mètres, illustre la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066. Après avoir quitté son musée de Bayeux, en France, ce chef-d'œuvre a été transporté dans un caisson double, conçu spécialement pour minimiser les vibrations durant son trajet vers le Royaume-Uni, escorté par les forces de l'ordre.
Emmanuel Macron a annoncé ce prêt inédit en juillet 2025 afin de "revivifier la relation culturelle" entre la France et le Royaume-Uni, une décennie après le Brexit. "Cette Entente cordiale est désormais une Entente amicale", a-t-il écrit dans une tribune au Times.
Un transfert réussi
Le transfert a été entièrement financé par le Royaume-Uni, mais il a suscité des inquiétudes auprès de certains experts en patrimoine en France, inquiets pour la préservation de cette œuvre déjà abîmée par le temps. En effet, elle présente 30 déchirures et près de 10 000 trous. Delphine Christophe, directrice des patrimoines au ministère de la Culture, qui a suivi le convoi, a déclaré que le voyage s'est "très bien passé".
Un moment émouvant
Pour assurer le transport, plusieurs études techniques ont été nécessaires, avec même des essais de transport avec une reproduction grandeur nature de la tapisserie. Le caisson a été conçu pour réduire de 96 % les vibrations, et maintenir une température de 20°C avec 50 % d'humidité. Hélène Duchêne, ambassadrice de France à Londres, a exprimé son émotion : "C'est un moment très émouvant".
Une œuvre précieuse
Les prix des billets pour l'exposition à Londres se sont arrachés dès leur mise en vente. La valeur de la tapisserie est telle que le Royaume-Uni a accepté de verser 800 millions de livres (environ 917,9 millions d'euros) en cas de dégradation majeure. En échange, il a également proposé des prêts de pièces historiques à exposer en France.
À son retour à Bayeux en 2027, la tapisserie sera soumise à une rénovation minutieuse, prévue pour commencer en 2028, permettant au public d'assister au processus de restauration.







