Le Niger a marqué un tournant majeur le 11 mai, en adoptant un Code pénal qui criminalise l'homosexualité pour la première fois. Les sanctions en cas de violations peuvent atteindre jusqu'à vingt ans de prison, une décision qui suscite de vives inquiétudes tant à l'échelle nationale qu'internationale.
Cet encadrement législatif, qui inclut également des dispositions sur les « pratiques intersexes et asexuelles », s'inscrit dans une tendance alarmante observée dans plusieurs pays africains. En effet, des États tels que le Burkina Faso, le Sénégal et le Ghana ont durci leurs lois envers les personnes LGBT+ ces dernières années, renforçant un climat de répression.
Le nouveau Code pénal prévoit que « toute personne qui commet ou tente de commettre un acte impudique ou contre nature avec une personne de même sexe » peut faire face à des peines allant de cinq à dix ans d'emprisonnement. En outre, les amendes peuvent atteindre 100 millions de francs CFA (environ 150 000 €), rendant la situation encore plus périlleuse pour la communauté LGBT+.
Des sanctions draconiennes pour diverses catégories
Des mesures encore plus strictes pénalisent ceux qui osent contracter un mariage entre personnes de même sexe, s'exposant à des peines de dix à vingt ans de prison. De plus, les personnes impliquées dans la gestion de clubs ou d'associations LGBT+ sont également dans le viseur des nouvelles législations, illustrant ainsi une volonté claire de répression.
Selon des sources judiciaires, « toute personne qui entretient des relations sexuelles avec une personne de même sexe » est visée par cette loi. Les intersexes, nés avec des caractéristiques sexuelles atypiques, et les asexuels, qui ne ressentent pas d'attirance sexuelle, sont également inclus dans ce cadre répressif.
Cette initiative avait déjà été amorcée sous l'ancien président Mohamed Bazoum, qui avait dû faire face à des pressions provenant d'organisations musulmanes et de membres de son propre gouvernement. Bien que le coup d'État militaire du 26 juillet 2023 ait interrompu son mandat, le nouveau régime continue de promouvoir cette législation.
La mise en œuvre de ces lois est déjà perçue comme une menace pour les droits humains au Niger. Les experts s'inquiètent des conséquences potentielles sur la santé mentale et physique des personnes LGBT+, tout en appelant la communauté internationale à réagir. Des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch ont déjà exprimé leur désaccord face à cette législation, plaidant pour un respect des droits fondamentaux et la protection des minorités.







