Le parquet a requis des peines de prison allant de dix à vingt ans, à l’encontre de quatre hommes suspects d’avoir consulté, détenu et diffusé des contenus pédopornographiques en ligne.
« Des crimes terrifiants ». Des peines de dix à vingt ans de prison ont été réclamées à Orléans, jeudi 11 juin 2026, contre quatre hommes soupçonnés d’appartenir à un vaste réseau pédocriminel en ligne. Parmi eux, trois font également face à des accusations de viols sur mineurs. Les enquêteurs ont découvert 930 000 fichiers pédopornographiques, identifiant environ 120 victimes. Les accusés, âgés de 37 à 64 ans, sont jugés depuis lundi par la cour criminelle du Loiret.
« Ce dossier illustre parfaitement les activités des pédophiles sur Internet, tant en France qu’à l’étranger », a déclaré l’avocat général, Nathanaël Bénet, lors de ses réquisitions. Il a qualifié ces actes de « monstres », décrivant l’« horreur » qui émane de ce dossier. « Difficile d'imaginer que chaque image, chaque vidéo représente une victime à vie », a-t-il ajouté.
Vingt et une victimes françaises identifiées
Les accusés sont accusés d’avoir utilisé de faux profils pour approcher des victimes et de consulter, détenir et diffuser des images pédopornographiques. Pour trois d’entre eux, des condamnations pour viols sur mineurs ont été envisagées, et des peines de dix-huit à vingt ans de réclusion, avec des mesures de sûreté, sont demandées. Le quatrième, qui comparaît libre, risque dix ans de prison avec mandat de dépôt.
Une enquête lancée en 2022, après une infiltration des gendarmes sur les réseaux sociaux, a permis d'exposer plusieurs groupes échangeant des contenus pédopornographiques via des messageries comme ICQ, Snapchat ou Telegram. Leur méthode était centrée sur le grooming, une pratique destinée à instaurer un climat de confiance chez des jeunes cibles pour obtenir des images ou des vidéos sexuellement explicites.
Au total, 120 victimes ont été découvertes, dont 21 françaises, âgées de 3 à 15 ans. L'une d’elles a subi des agressions sexuelles et des viols pendant ses trois à six ans, entre 2019 et 2021, par Manuel C., un informaticien âgé de 64 ans. Onze faits distincts ont été filmés lors de ses actes, la plupart en Corse, constituant 91 fichiers.
« Je ne supprimais rien, c’est maladif »
Après avoir nié ses actions lors des auditions, Manuel C. a reconnu les faits à l'audience. « J'étais contraint de tout filmer. Les vidéos restaient sur mon ordinateur car je ne supprimais rien, c’est maladif », a-t-il déclaré. Il a révélé avoir réussi à « briser toutes les barrières » qui devraient normalement protéger un enfant, tout en niant toute « attirance pour les enfants ». L’avocate de la victime, Me Elena Campario, a souligné que « sa cruauté » avait laissé « une empreinte » indélébile sur la fillette et sa famille.
Au total, six membres de ce réseau ont été interpellés en 2023, mais seuls quatre se présentent au tribunal. L'un d'eux s’est suicidé en détention, et un autre, arrêté en Belgique, a été condamné à dix ans de prison.
Le procès se déroule en plein cœur de l'affaire Lyhanna, et la défense exprime des préoccupations quant aux conséquences potentielles. « La protection des enfants victimes de violence demeure un défi majeur », a conclu l’avocat général.
Le verdict est attendu pour jeudi en fin de journée.







