Le tribunal criminel du Pas-de-Calais a condamné, le 11 juin dernier, Jérôme P., un homme de 45 ans, à 12 ans de réclusion criminelle pour des actes de viols et de violences conjugales. Les faits ont été exposés au cours d'un procès mettant en lumière un système de contrôle, de manipulation et de violence au sein d'une structure familiale basée sur la polygamie.
La cour a également imposé un suivi socio-judiciaire de cinq ans, accompagné d'une obligation de soin. En cas de non-respect de cette obligation, Jérôme P. s'expose à une peine supplémentaire de trois ans.
Selon l'avocate générale, l'accusé avait instauré un véritable "système" de domination sur ses trois compagnes et ses quatre enfants, avec des actes de violence poussés à l'extrême. Ce climat de terreur a été maintenu par des menaces et des comportements coercitifs, tel que l'usage de la géolocalisation sur des téléphones.
Un récit choc
Les abus les plus graves ont été relevés sur l'une de ses compagnes, Jennifer C., auprès de qui il exerçait des violences physiques et psychologiques. Selon les déclarations des parties civiles, les relations étaient marquées par la terreur, Jennifer se trouvant souvent dans une position où elle ne pouvait s'opposer aux avances de son partenaire.
Un expert psychiatre, lors du procès, a souligné que Jérôme P. manifestait un "sentiment de toute-puissance", renvoyant la responsabilité sur ses victimes. La fille aînée de l'accusé, présente pendant les débats, a relaté les comportements abusifs de son père, oscillant entre un amour paternel et des violences inacceptables.
Des survivantes face à un cycle de violence
Ce procès a également mis en lumière le phénomène de la polygamie au sein de la famille de l'accusé. L'ex-compagne d'un frère de Jérôme a qualifié leur structure familiale de "secte", affirmant que les hommes de la famille exerçaient une violence systématique sur leurs compagnes.
Au-delà des violences, les témoignages reflètent également les liens affectifs compliqués, notamment celui que les filles de Jérôme conservent envers lui, malgré les traumatismes. Me Fabienne Roy-Nansion, avocate des parties civiles, a affirmé que chaque femme ayant croisé le chemin de la famille P. était une "survivante".
En conclusion, la cour a également prononcé la déchéance de l'autorité parentale pour Jérôme P., affirmant qu'il était inacceptable qu'il ait encore des droits sur ses enfants. Ce verdict espère contribuer à la fracture du cycle de violence et à la mise en lumière de pratiques abusives profondément enracinées dans certaines familles.







