Brice Hortefeux se livre au tribunal : un homme debout malgré l'épreuve

Dans un témoignage poignant, Hortefeux évoque des années de souffrance face aux accusations.
Brice Hortefeux se livre au tribunal : un homme debout malgré l'épreuve

L'ancien ministre Brice Hortefeux a partagé, mardi, ses derniers mots devant la cour d'appel de Paris, se présentant comme un homme "physiquement debout" mais "moralement à terre", éprouvé par les soupçons portant sur le financement libyen allégué de la campagne de son ami Nicolas Sarkozy, dont le procès est en cours depuis mi-mars.

Son avocate, Florence Bourg, a plaidé pour sa relaxe, comme l'avait précédemment fait son confrère, Jean-Yves Le Borgne, représentant un autre ancien ministre, Éric Woerth, trésorier de la campagne présidentielle victorieuse de 2007.

Le 13 mai, le parquet a requis quatre ans de prison contre Brice Hortefeux, dont deux avec sursis, pour association de malfaiteurs, tandis que dix mois de prison avec sursis ont été demandés contre Éric Woerth, acquitté en première instance pour complicité de financement politique illégal.

"Vous avez devant vous un homme physiquement debout et moralement à terre", a avoué Brice Hortefeux. Il a exprimé son indignation face à la mise en cause de son intégrité, ressentant l'incrédulité et la douleur d'être suspecté de compromettre son engagement de toute une vie.

Proche de Nicolas Sarkozy, Hortefeux est accusé d'avoir rencontré en cachette un dignitaire libyen, Abdallah Senoussi, le 21 décembre 2005. Senoussi avait été condamné à perpétuité en France pour avoir orchestré l'attentat contre le DC-10 d'UTA en 1989, qui a causé la mort de 170 personnes, dont 54 Français.

L'accusation croit que cette rencontre a été un moment clé dans l'allégation d'un pacte de corruption entre la France et la Libye sous Mouammar Kadhafi, un arrangement tissé autour d'un financement occulte en échange de contreparties, y compris l'assouplissement de la situation juridique de Senoussi.

- "Bénéfice du doute" -

"L'épreuve que je traverse n'est rien comparée à la souffrance des familles des victimes des attentats", a reconnu Hortefeux, mais il a évoqué la douleur causée par le scepticisme de ses proches et l'inquiétude de sa famille. "Je sais ce que j'ai fait, avec des erreurs d'appréciation, mais je suis aussi très conscient de ce que je n'ai pas fait", a-t-il affirmé en conclusion.

Durant son témoignage, il a soutenu avoir été "piégé" par Ziad Takieddine, un intermédiaire franco-libanais, et a insisté sur le fait qu'aucune contrepartie n'avait été discutée lors de ce tête-à-tête de 40 minutes.

Me Bourg a dénoncé ce qu'elle considère comme une "fable" élaborée par l'accusation, soulignant que le voyage d'Hortefeux en tant que ministre délégué aux Collectivités territoriales ne pouvait être un prétexte à un acte de corruption. Elle a fait valoir la "faiblesse probatoire" du dossier et a rappelé à la cour que "le bénéfice du doute" doit être accordé à son client.

Elle a également interrogé : "Est-ce qu'être l'ami de Nicolas Sarkozy constitue un certificat d'infamie ou une présomption de culpabilité ?" mettant en avant l'importance de la loyauté et de la fidélité de son client.

Me Le Borgne a qualifié le dossier de "lubie" et a réclamé la confirmation de la relaxe d'Éric Woerth sur le même fondement que lors de la première instance. Sur la question du financement libyen, il a déclaré que cela n'était qu'un "fantasme" alimenté par les médias. "Il n'existe pas de financement illégal dans cette campagne", a renchéri Éric Woerth.

L'avocat de Claude Guéant, Philippe Bouchez El Ghozi, doit plaider cet après-midi tandis que la défense de Nicolas Sarkozy, qui revendique son innocence, conclura les débats mercredi après deux mois et demi de procès. Le parquet a requis sept ans de prison contre l'ancien Président, la peine la plus sévère demandée parmi les dix prévenus. La décision finale est attendue pour le 30 novembre.

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L'ancien ministre Brice Hortefeux témoigne au procès sur le financement libyen de la campagne de Sarkozy. Il se décrit physiquement debout mais moralement à terre.
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