L'Iran renforce son emprise sur le détroit d'Ormuz, Trump qualifie la situation de chantage

Tensions à l'approche d'une guerre au Moyen-Orient, avec un nouvel engouement diplomatique.
L'Iran renforce son emprise sur le détroit d'Ormuz, Trump qualifie la situation de chantage
©-, AFP - Des Iraniennes se rassemblent à Téhéran, le 17 avril 2026 à Téhéran, en hommage aux femmes tuées pendant la guerre

Après une courte réouverture du détroit d'Ormuz, l'Iran a annoncé samedi qu'il reprendrait "le strict contrôle" de cette voie maritime stratégique, en réaction au blocus américain persistant de ses ports. Le Président Donald Trump a qualifié cette décision de "chantage".

Ce retournement de situation survient alors que des discussions diplomatiques se multiplient dans l'espoir de mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient, malgré le cessez-le-feu de deux semaines, effectif depuis le 8 avril, entre l'Iran et les États-Unis.

Téhéran évalue de nouvelles propositions émanant de Washington. Le Conseil suprême de sécurité nationale a cependant insisté sur le fait qu'"aucun compromis" ne serait envisagé. Bien que Trump évoque un accord imminent, la réaction iranienne demeure ferme et résolue.

Suite au maintien du blocus américain, l'Iran a décidé de fermer à nouveau le détroit, un jour après avoir permis le passage de quelques pétroliers et navires commerciaux. Saeed Khatibzadeh, vice-ministre des Affaires étrangères, a déclaré : "Les États-Unis ne peuvent pas imposer leur volonté de faire le siège de l'Iran".

Donald Trump a, de son côté, critiqué cette attitude, affirmant : "Il ne peut pas y avoir de chantage". Lors de la réouverture temporaire du détroit, au moins huit pétroliers avaient réussi à passer, mais d'autres ont dû faire demi-tour, après que deux navires aient été la cible de tirs iraniens, selon l'agence britannique UKMTO.

Le Conseil suprême de sécurité nationale a souligné que "l'Iran est déterminé à contrôler le trafic à travers le détroit d'Ormuz jusqu'à ce que la guerre prenne fin", insistant sur la nécessité de droits de passage.

Au cours d'une guerre ayant causé des milliers de morts, majoritairement en Iran et au Liban, l'annonce de la réouverture a temporairement soutenu les marchés financiers, provoquant une chute des prix du pétrole. Le détroit d'Ormuz représente habituellement un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié transportés dans le monde.

Trump a mentionné des "très bonnes conversations" concernant une possible cessation des hostilités, prévoyant plus d'informations dans la journée. Il a indiqué qu'un accord de paix était "très proche", affirmant que l'Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, un point crucial, les États-Unis et Israël l'accusant de vouloir développer une arme nucléaire.

Cependant, Téhéran, qui nie tout projet nucléaire, rejette avoir accepté de transférer ses stocks d'uranium. En coulisse, les négociations se poursuivent, avec des visites diplomatiques récentes du chef de l'armée et du Premier ministre pakistanais, ainsi que des efforts acharnés de partenaires comme l'Égypte pour parvenir à un "accord final" envisagé dans les jours à venir.

Les discussions entre l'Iran et les États-Unis, qui ont eu lieu en personne le 11 avril à Islamabad, ont malheureusement échoué. Aucune date n’a été fixée pour de nouvelles rencontres.

En signe de retour à la normalité, l'Iran a également partiellement réouvert son espace aérien, longtemps fermé après les frappes israélo-américaines du 28 février. Cela inclut la réouverture de plusieurs aéroports, parmi les plus importants du pays.

Au Liban, une autre facette du conflit, un militaire français a été tué lors d'une embuscade attribuée au Hezbollah, bien que le mouvement ait démenti toute implication. Ce dernier se dit également "non concerné" par les négociations avec Israël, qui visent à établir un accord avec le gouvernement libanais.

Un cessez-le-feu de 10 jours a été instauré vendredi, bien que l'armée israélienne ait proclamé l'établissement d'une "ligne jaune" de démarcation au sud, semblable à celle de Gaza, tout en ayant éliminé une cellule terroriste qui menaçait ses troupes.

Depuis le début du conflit début mars, près de 2.300 personnes ont perdu la vie au Liban, et plus d'un million ont été contraintes de fuir leur domicile. Beaucoup tentent maintenant de retrouver leur lieu de vie, que ce soit dans le sud du pays ou dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah.

Samah Hjoul, réfugiée et mère, a partagé son inquiétude : "Nous ne nous sentons pas en sécurité. J'ai toujours peur qu'il se passe quelque chose la nuit sans que je puisse prendre mes enfants et m'enfuir avec eux".

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