Il s'agit d'un axe névralgique pour les hydrocarbures, qui subit de plein fouet les conséquences du conflit au Moyen-Orient depuis le 28 février dernier. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième du marché mondial, voit sa circulation maritime considérablement perturbée. Pourtant, plusieurs navires, dont un porte-conteneurs de la compagnie française CMA CGM et des pétroliers chinois, viennent de réussir à franchir cet essentiel passage maritime. Comment expliquer ces passages, d’apparence aléatoire ?
Récemment, deux incidents notables ont démontré que certains navires parviennent à manœuvrer autour des restrictions imposées en passant par le détroit. Un rapport du Parisien indique que le navire français a été observé à proximité de l'île de Larak, ce qui suggère qu'il aurait emprunté un itinéraire validé par les autorités iraniennes.
Une nouvelle stratégie de passage
Selon plusieurs analystes, dont Guillaume Ancel, ancien officier de marine, les Gardiens de la Révolution semblent avoir mis en place un système d'enregistrement pour les navires « approuvés ». Ancel avance que cette validation peut prendre la forme d'un « péage » que les compagnies paient pour bénéficier d'un passage sécuritaire. Les grandes entreprises de transport maritime, bien que confrontées à la guerre, sont surtout motivées par des préoccupations économiques. « Ces sociétés testent cette nouvelle approche pour voir si elles peuvent opérer en payant un montant aux autorités iraniennes », a-t-il affirmé à La Dépêche du Midi.
Avec les prix du baril de pétrole atteignant des sommets, le coût de ce péage semble dérisoire pour ces compagnies désireuses de relancer leurs exportations d'hydrocarbures. Les experts prévoient une augmentation de la circulation maritime dans les jours à venir, à mesure que d'autres compagnies pourraient être tentées de suivre cette nouvelle voie économique. En somme, la situation au détroit d'Ormuz pourrait bientôt évoluer, influencée par des impératifs commerciaux plus que géopolitiques.







