Emilie Hardouin, cadre administrative au sein de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), fait face à un combat judiciaire acharné depuis plus de dix ans, dénonçant la "violence institutionnelle" qu'elle estime subir de la part de l'établissement. Elle met en avant un contexte de harcèlement et une mise à l'écart, sans que des mesures concrètes ne soient prises contre son agresseur.
Cette plainte, déposée fin 2025, fait suite à une première saisie de la justice en 2020 pour harcèlement moral et sexuel, alors qu'elle était sous la direction d'un chef de service particulièrement problématique. Dans ses témoignages, elle évoque des "fantasmes" partagés par ce supérieur, des "blagues inappropriées", ainsi que des sollicitations nocturnes l’implorant d'être "plus persuasive".
Dans un contexte où elle souhaitait changer de service, son ancien responsable aurait fait en sorte qu’elle soit affectée dans un "bureau vide, sans accès Internet", restreignant ainsi ses interactions professionnelles et ses ressources nécessaires au travail. En réaction à l'environnement hostile, elle avait porté plainte en 2020, après avoir réalisé l'ampleur de la situation, faisant suite à un départ vers le secteur privé.
Un combat pour aider les autres
De retour à l'AP-HP en avril 2025, afin de conserver son statut, Emilie Hardouin affirme avoir subi une "répétition des comportements inadaptés" qui l'ont amenée à saisir la justice. Elle déclare également avoir été "marginalisée" avec des "postes vacants conformes à son statut" qui ne lui ont pas été proposés, poussant ainsi la cadre à déposer une nouvelle plainte visant non seulement l'établissement, mais aussi six responsables de divers départements.
"Mon combat doit servir à d'autres, pour ne plus avoir peur de porter plainte", a-t-elle confié à l'AFP, exprimant un profond épuisement face à la situation. Son histoire a été mise en lumière par des médias comme l'Humanité, qui souligne la précarité des situations similaires dans le milieu professionnel.
Bien que l'AP-HP ait choisi de ne pas commenter les affaires en cours, elle a déclaré se "mobiliser pour créer des conditions adaptées à la situation de Mme Hardouin et faciliter sa réintégration". Cette déclaration, toutefois, soulève des interrogations sur les véritables mesures mises en place pour assurer la sécurité et le respect des employés.







