Ce vendredi, le tribunal correctionnel de Nantes a prononcé une sentence de six ans de prison ferme contre un homme de 26 ans, reconnu coupable d'avoir utilisé des drones pour livrer de la drogue et divers objets à des détenus situés dans plusieurs prisons de l’Ouest de la France. En parallèle, son complice a écopé de deux ans, tandis que sa mère a été condamnée à 18 mois avec sursis.
Les investigations ont révélé que le duo est impliqué dans plus de 460 livraisons via drone dans des établissements pénitentiaires tels que Nantes, Vivonne, Angers, Le Mans et Rochefort. Lors des perquisitions, la police a découvert un drone, des chaussettes remplies de téléphones portables et de stupéfiants, ainsi qu'un pistolet semi-automatique et une somme de plus de 10 000 euros en espèces.
Cette affaire soulève des inquiétudes majeures sur la sécurité des prisons, en particulier avec l'augmentation des méthodes de livraison illégales. Le magistrat en charge de l’affaire a souligné l'ampleur sans précédent de ce dossier.
Des aveux troublants
Parmi les trois personnes entendues, seul le principal accusé a reconnu certaines de ses actions, plaidant pour des livraisons « occasionnelles ». Il a admis avoir fait parvenir de la cocaïne, du cannabis ainsi que des téléphones, mais a fermement nié l’envoi d’armes.
Face aux juges, il a déclaré : "J'avoue, j'ai opté pour de l'argent facile". Déjà connu des services de police pour divers cambriolages, il a expliqué que la rapidité de gains financiers l'avait poussé vers cette activité illégale.
Une mère sous le feu des projecteurs
Sa mère, employée bancaire et décrite par son avocate comme « intégrée », a également été mentionnée dans l'affaire. Les investigations ont mis en avant des échanges téléphoniques troublants, ainsi que des comportements financiers suspects, incluant des sommes d'argent en espèces dissimulées chez elle. Lors d’un échange privé, elle a nié consciencieusement avoir réceptionné des colis contenant des drones, soutenant qu'elle pensait que l'argent de son fils était légal.
La procureure a contesté sa crédibilité en soulignant que, en tant qu’employée de banque, elle devait être consciente des implications légales du comportement de son fils. Malgré ses dénégations, le tribunal l'a condamnée à 18 mois avec sursis, sur la base d'éléments accablants. Selon les experts, cette situation met en lumière les failles du système judiciaire et pénitentiaire en matière de risque lié aux nouvelles technologies telles que les drones.
Ce cas atypique marque un tournant dans la lutte contre le trafic de drogue en prison, incitant à une réflexion urgente sur les stratégies à adopter pour contrer ces nouvelles méthodes de livraison illicites.







