Le procès d’Abraham Bomela, accusé de meurtre et de tentatives d’assassinat, a débuté cette semaine à La Réunion. Cet homme est accusé d'avoir ôté la vie à trois personnes, dont sa propre mère et sa cousine âgée de cinq ans, en octobre 2023 à La Possession. Lors d’audiences, il a formulé des propos déroutants, affirmant avoir poignardé l’enfant pour éviter de devenir pédophile, soutenant que la fillette l’avait provoqué.
La cour d'assises de Saint-Denis a commencé par entendre des proches des victimes avant de s'intéresser aux témoignages concernant le parcours meurtrier d'Abraham Bomela le 28 octobre dernier. En plus du meurtre de sa mère, il est poursuivi pour le décès de sa cousine et l’assassinat d’un agent d’entretien, ainsi que huit tentatives d'assassinat. Sa justification pour le meurtre de la fillette a choqué l'auditoire. Évoquant ses motivations, il a déclaré : "Je ne l’aimais pas car elle me provoquait pour me rendre pédophile". D’une voix froide, il a réaffirmé : "Je me méfiais de la petite, je ne voulais pas passer à l’acte sexuel alors je l’ai tuée".
"Une envie incontrôlable de violence"
D’après l’enquête, à 38 ans, Abraham Bomela a d'abord poignardé sa mère avant de s'en prendre à sa cousine. Poursuivant son carnage, il a foncé au volant de sa voiture, percutant plusieurs piétons, dont un joggeur et des clients d’un supermarché. L’intervention a nécessité la mobilisation d’environ 70 militaires et de 25 gendarmes du GIGN. Après avoir pénétré dans une agence bancaire, il a poignardé un agent d’entretien qui est décédé par la suite à l’hôpital.
Lors de son interrogatoire, il a exprimé sa rage, affirmant qu’il avait "envie de tuer tout le monde". Avouant sa colère, il a déclaré : "Je sais que j’ai tout perdu, j’ai tué ma maman à cause de la petite". Ce penchant pour la violence est transmis par l’accusé comme étant la responsabilité de l’enfant, renforçant l’horreur de son récit.
La santé mentale en débat
La situation soulève des questions sur la santé mentale d’Abraham Bomela. Les psychiatres qui ont examiné son cas affirment qu'il avait une altération de son discernement au moment des faits. Si ce point de vue est retenu par les jurés, la peine encourue pourrait passer de la réclusion criminelle à perpétuité à 30 ans de réclusion. Cette question cruciale sera au cœur des débats alors que le verdict s'approche, attendu ce vendredi.







