Philippe Ballard, député du Rassemblement national (RN), était en invité lors d'une émission politique ce lundi. Il a abordé la mort tragique de Quentin Deranque, militant nationaliste, survenue à Lyon. Loin de passer inaperçue, cette affaire suscite de vives réactions, Ballard imputant à La France insoumise et à la Jeune Garde une part de responsabilité dans le climat d’hostilité actuel, tout en réaffirmant sa condamnation de toute forme de violence.
Une enquête a été ouverte pour homicide volontaire suite à la mort de Quentin Deranque, qui aurait été agressé par plusieurs individus. Le ministre de l’Intérieur a signalé que des militants d’ultra-gauche pourraient être impliqués. Philippe Ballard n'hésite pas à désigner La France insoumise et sa formation affiliée, la Jeune Garde, comme des déclencheurs de ce climat chaotique. En outre, il insiste sur le fait qu'il n'existe aucune connexion entre le RN et des groupes radicaux.
Ce texte est un extrait d'une interview. Regardez la vidéo pour tous les détails.
Alix Bouilhaguet : Une enquête pour homicide volontaire a été ouverte suite à la mort de Quentin Deranque. Cinq personnes ont été identifiées. Selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, des militants d’ultra-gauche sont soupçonnés d’être impliqués. À ce jour, aucune arrestation n’a eu lieu. Qu'en pensez-vous par rapport à La France insoumise ?
Philippe Ballard : Je compte bien sûr incriminer La France insoumise et son pendant, la Jeune Garde, dont l’image fascisante est préoccupante. Il est important de noter qu'un député, Raphaël Arnault, fiché S et condamné pour violences en réunion, siège à l'Assemblée nationale et reçoit l'appui de ses collègues lors d'interventions que j'estime inquiétantes.
Pensez-vous vraiment cela ?
Oui, sans aucun doute. Olivier Faure et Marine Tondelier ont adressé des mots de sympathie bien peu engageants suite au décès. Je pense évidemment à Quentin et sa famille, mais les réactions sont restées trop limitées, se réduisant au strict minimum, ce que je déplore.
Jean-Luc Mélenchon a rejeté toute responsabilité, affirmant que ses militants étaient également victimes d'agressions. La violence existe-t-elle des deux côtés, y compris chez l’ultra-droite ?
Je condamne fermement toutes les violences. Pourtant, il est essentiel de distinguer une agression de permanence parlementaire d'un homicide. Je ne qualifierai pas ce dernier d'assassinat, mais il y a des signes de préméditation à établir par l'enquête. Mélenchon a souvent appelé ses militants à soutenir la Jeune Garde. En fait, un communiqué récent de La France insoumise demandait à la ne pas dissoudre cette organisation pourtant décrite comme utile.
Quentin Deranque était affilié au groupe identitaire Némésis, qui entretient des relations avec certains élus. Cela ne signifie-t-il pas que votre parti a des liens avec des extrêmes ?
Le procureur a signalé que Némésis était représenté par des jeunes femmes lors de l'incident. Selon les éléments disponibles, ce groupe paraîtrait être la cible de l'attaque. Il ne s’agissait pas d’une bagarre, mais d’une attaque par des militants antifascistes en utilisant des méthodes violentes, ce qui est inacceptable. Quant au Rassemblement national, aucune organisation paramilitaire n'existe en son sein, et aucun député n’est lié à une milice.
Lors d'un hommage à Quentin Deranque, des membres de groupes radicalisés étaient présents. Envisagez-vous une porosité entre ces milieux et le Rassemblement national ?
Les gens que vous mentionnez ne sont pas membres du RN. Assister à un hommage ne devrait pas être assimilé à un acte criminel. Il est crucial de ne pas mélanger les contextes. À ma connaissance, ni Philippe Vardon ni Axel Loustau ne sont de notre mouvement.
Manuel Bompard a évoqué la nécessité d’un sang-froid pour éviter toute dérive vers une guerre civile. Partagez-vous cet avis ?
Oui, mais encore faut-il ne pas attiser les tensions. Il est aisé de prôner le calme après avoir contribué au conflit. Les déclarations et les positions de La France insoumise semblent exacerber le climat de tension. Ils critiquent tantôt l'action de la police, tantôt en réclament l'assistance, ce qui nuit à la bonne marche de notre démocratie.







