Le tribunal correctionnel de Saintes a prononcé des peines allant de 3 à 8 ans de prison contre neuf individus impliqués dans un important trafic de stupéfiants. Ce jeudi 16 janvier 2023, les prévenus, dont un résident d'Aytré, ont été reconnus coupables d’avoir écoulé plusieurs kilos d'héroïne, de cocaïne et de cannabis dans la région, selon les déclarations d'Alice Rodrigues, substitut du procureur.
« La commune de Saintes est lourdement touchée par le trafic de stupéfiants, principalement d'héroïne et de cocaïne », a souligné Alice Rodrigues, qui a exprimé des doutes sur l'impact de ces interpellations sur l'ensemble du problème. « La nature a horreur du vide », a-t-elle ajouté, insistant sur le fait que d'autres trafiquants pourraient prendre la relève.
L’enquête, démarrée en 2022, a révélé que Sylvain Jaraiz, 45 ans, avait pour objectif de financer sa propre consommation de drogue. Les investigations ont aussi mis à jour la figure centrale de « Sam », surnom d’Hichem Ahmed-Chaouch, 41 ans, un récidiviste condamné en 2019 pour trafic de stupéfiants. En dépit de ses antécédents, il était revenu à Saintes fin 2022 pour gérer un business florissant dans la vente d'héroïne, comptée par kilos.
Lors des réquisitions, le substitut a décrit Ahmed-Chaouch comme le principal revendeur du secteur, ce qui ne laisse guère de doute quant à son influence sur le marché de la drogue. Son avocat a néanmoins tenté de nuancer, arguant que les preuves contre son client étaient « tenues par des filigranes », et que la situation à Saintes relevait davantage de trafics anarchiques que de réseaux structurés, ce qui offre une porte de sortie potentielle pour nombre de dealers.
De son côté, Zouhir Aguida, identifié comme le fournisseur de Sam, reçoit également une peine de huit ans, bien que son histoire criminelle remonte à plusieurs années. Selon les déclarations du parquet, il n'est pas étranger aux opérations illégales dans la région, renforçant le constat d'une réalité perdurant dans le milieu festif et nocturne français.
Les sentences infligées par le tribunal visent non seulement à sanctionner les trafiquants, mais aussi à envoyer un message fort contre les réseaux de drogue opérant dans l'ombre. Après des semaines d’auditions et d’analyses de preuves, la présidente du tribunal, Agnès Gorce, a conclu que la gravité des infractions justifiait des peines ferme qui, tout en étant sévères, tentent de répondre à l’urgente nécessité d'une lutte contre ce fléau.
Alors que Saintes tente de rétablir l'ordre de la sécurité publique et de protéger ses habitants des dangers associés à ces trafics, le spectre de la drogue continue de planer, accompagnant l'inquiétude croissante. Comme l’a noté un expert en criminalité, « il est crucial que les autorités poursuivent leurs efforts de répression et sensibilisent la population pour éviter que d'autres se laissent entraîner dans ce cycle destructeur. »







