Le procès de quatre hommes, accusés d'avoir fait partie d'un réseau djihadiste actif entre La Réunion et la Syrie de 2014 à 2019, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris. Seul un des accusés, Anthony De Monjoie Maurice, 40 ans, est présent dans le box, tandis que les trois autres sont présumés morts, selon les informations délivrées par la cour.
Ce groupe est mis en cause pour son rôle au sein de plusieurs organisations djihadistes, notamment l'État islamique (EI) et Jabhat al-Nosra, une branche d'Al-Qaïda. D'après les autorités, Maurice aurait été impliqué dans des activités de pose d'explosifs visant à freiner l'avancée des Forces démocratiques syriennes, qui luttaient contre l'EI dans le Nord-Est de la Syrie. Il serait également suspecté d'avoir effectué des «surveillances» pour Jabhat al-Nosra entre 2014 et 2016, selon des sources judiciaires.
Le procès met en lumière une radicalisation qui a pris racine à La Réunion, où les accusés auraient suivi des cours prônant le «djihad armé» et des entraînements physiques avant leur départ pour la Syrie. Cette filière, démantelée en 2015, a constitué la première découverte d'un tel groupe islamiste dans un département d'outre-mer, selon des reports du Figaro.
En outre, Maurice est suspecté d'avoir joué le rôle de recruteur, facilitant le départ d'autres ressortissants français vers la Syrie. Il a été arrêté en Turquie en 2019 et remis aux autorités françaises l'année suivante. Lors de son audience, il a déclaré : «J'entends les faits qui me sont reprochés mais c'est très exagéré (...) Mon voyage en Syrie, c'était pour autre chose».
Lors d'une évaluation psychologique, il a évoqué un mélange de facteurs qui l'ont conduit en Syrie, notamment l'idée d'une «fin du monde». La psychologue a noté qu'il présentait un «rapport au langage qui n'a pas de bases solides ainsi qu'une difficulté à exercer un esprit critique». Le verdict de cette affaire complexe est attendu pour le 7 juillet.







