Le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) a confirmé ce mardi 16 juin l'organisation d'un procès suite au naufrage du 24 novembre 2021, qui a coûté la vie à 31 migrants.
Cette tragédie, le plus meurtrier des naufrages de migrants dans la Manche, a eu lieu près de Calais, où des personnes en quête d'asile ont trouvé la mort dans les eaux glaciales. Selon l'AFP, la date du procès n'a pas encore été annoncée.
14 personnes jugées
Après plusieurs mois d'enquête, 14 individus, présumés liés à des réseaux de passeurs, feront face à la justice. "Ils sont poursuivis pour homicide involontaire, blessures involontaires, aide à l'entrée et au séjour irrégulier en bande organisée, ainsi que participation à une association de malfaiteurs," a précisé le Pnaco à l'AFP. La majorité des accusés semblent venir d'Afghanistan et d'Irak, suspectés d'avoir "contribué à des réseaux d'immigration illégale, cherchant à tirer profit de la vulnérabilité des personnes désireuses de rejoindre l'Angleterre."
Des militaires mis en examen pour non-assistance à personne en danger
Parallèlement, l'enquête se poursuit concernant certains militaires, avec de nouvelles auditions ayant récemment eu lieu. Au moins sept militaires français, dont cinq membres du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Gris-Nez et deux marins du patrouilleur Le Flamant, sont mis en examen pour non-assistance à personne en danger.
Ce procès suscite de grandes attentes parmi les familles des victimes. Matthieu Chirez, avocat de 113 parties civiles, a déclaré: "Cette ordonnance marque une étape essentielle dans le processus judiciaire après ce naufrage dramatique. Les passeurs, en tant que première chaîne de responsabilité, devront répondre de leurs actes. Nous espérons également que les familles des victimes auront l'occasion de s'exprimer lors de ce procès."
Ce procès représente ainsi une étape cruciale dans la lutte contre les réseaux de passeurs, tout en cherchant à apporter un semblant de justice aux familles endeuillées.







