Le 15 juin, au tribunal, un couple de Monségur, âgé de 26 et 38 ans, a exécuté leur comparution dans un cadre bien sombre. Leur fille, âgée de seulement deux mois, a été transportée d’urgence aux soins après avoir présenté des signes d’angoisse, y compris un œdème sur sa cuisse droite.
D'après les constatations médicales, le bébé présentait de nombreuses ecchymoses et des fractures au fémur et à l’épaule. Les médecins du centre hospitalier de Villeneuve ont rapidement levé le voile sur la situation, révélant des preuves perturbantes qui ont mené à l'arrestation des parents, suite à un rapport du légiste qualifiant les blessures de "hautement suspectes".
Pour expliquer ces blessures, le couple a déclaré avoir cherché à soulager les coliques de leur fille par une méthode vue sur TikTok, connue sous le nom de "technique du vélo". Le père a reconnu avoir peut-être été trop énergique dans sa tentative d’aider, tandis que la mère, à la suite d’un pleur intense, a tiré sur le bras du bébé en essayant de le vêtir. La présidente du tribunal souligne la gravité des blessures : "Ces types de contusions sont généralement ceux que l'on observe lors d'accidents de voiture".
Les cicatrices d’un passé trouble
Le médecin légiste a estimé une incapacité totale de travail (ITT) de 30 jours pour l'enfant, qui est désormais temporairement placé dans une famille d'accueil. Son rétablissement se fait en douceur, mais les séquelles à long terme sont une préoccupation majeure, avec un risque de problèmes de croissance significatifs. "Sa jambe pourrait rester plus courte", explique Me Sandrine Derisbourg, représentant l'association La Mouette, constituée partie civile.
Une évaluation inquiétante de leurs capacités parentales
Les avocats de la défense admettent que les parents, bien que n'ayant pas de casier judiciaire, montrent des "carences éducatives" et des "difficultés sociales". La présidente du tribunal a noté que cela témoigne d'une incompétence parentale plus que d’une intention malveillante de nuire à l’enfant. "Ils reconnaissent leurs erreurs et cherchent à recevoir de l'aide", a déclaré Me Sophie Lagarde. Finalement, le tribunal a condamné le couple à 24 mois de prison avec sursis, accompagnés d'une recommandation pour un stage de parentalité. Une sentence marquée par l'espoir d'une seconde chance.







