Le dimanche 14 juin 2026, la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer) de Dieppe a été mobilisée par le CROSS Gris-Nez suite à un départ simultané d'une soixantaine de migrants à bord de trois embarcations en direction de l'Angleterre. Parmi eux, trois personnes ont été accueillies par les sauveteurs, qui ont rapidement compris l'ampleur de la situation.
Ce matin-là, la première alerte est survenue à 6h10 grâce à un bateau de pêche observant une embarcation transportant une vingtaine de migrants près des Roches d'Ailly. Les sauveteurs sont arrivés sur les lieux peu après 7h, avant d'être rappelés à deux autres reprises pour des départs similaires. Chaque embarcation emportait également une vingtaine de personnes, rendant l'opération particulièrement délicate.
Intervenant avec un canot tous temps et un zodiaque, la SNSM a reçu le renfort des pompiers et du navire Argonaute, engagé dans la lutte contre la pollution. Les trois bateaux ont pu être escortés en toute sécurité, sous la surveillance des gendarmes, le long de la côte, jusque près de la centrale nucléaire de Penly.
Sur la soixantaine de migrants, seuls trois ont demandé de l'aide à cause de nausées, et ont été ramenés sur les plages de Pourville et de Dieppe. Il est important de noter que les sauveteurs ne peuvent intervenir sans un appel explicite à l'aide, mode opératoire qu'ils doivent suivre pour respecter la législation maritime.
"Nous n'intervenons qu'en cas de problème, car les embarcations vont fréquemment avoir des pannes. Nous sommes là pour prévenir toute situation de danger immédiat," explique François Tavelet, patron de la SNSM de Dieppe. Ce type d'opération, bien que par chance sans incident majeur, soulève des questions sur l’efficacité des moyens de secours en mer.
"Le problème est que certaines stations de secours ne peuvent pas sortir à marée basse. Nous, à Dieppe, sommes en mesure d'intervenir à tout moment, mais il reste une lacune dans le dispositif de surveillance de la côte," ajoute François Tavelet, soulignant les préoccupations croissantes liées à la sécurité en mer.
Un quatrième bateau de migrants a été intercepté avant son départ depuis Quiberville-sur-Mer par les gendarmes, qui ne peuvent intervenir qu'en surveillance sur la terre ferme. Alors que les sauveteurs sont rentrés au port vers midi, l'avenir des autres embarcations reste incertain, tout comme celui des individus qui ont été pris en charge.
Cette situation met en lumière les difficultés rencontrées par les opérations de sauvetage maritime en France, alors que les flux migratoires continuent d'augmenter. Les interventions comme celles-ci exposent la nécessité d'adapter les moyens mis en place pour assurer la sécurité des personnes en mer.







