Imagbe Ehizomwengie, un Nigérian de 36 ans, a vu son destin basculer grâce à un simple ticket à gratter acheté pour 5 euros, il y a quelques mois. Arrivé en Italie en 2016 après un périple éprouvant en Libye, où il a été retenu contre rançon, cet homme survivait en vendant des mouchoirs et en mendiant à Turin.
D'après le Guardian, en octobre dernier, il a tenté sa chance avec les Gratta e Vinci, équivalent italien des jeux de grattage, et a remporté le gros lot : 500 000 euros.
Des soucis administratifs déguisés
Cependant, la joie initiale a rapidement cédé la place à des complications administratives. Étant sans titre de séjour, il ne pouvait pas ouvrir un compte bancaire pour récupérer ses gains. Sans cet argent, il se trouvait dans l'impossibilité de prouver son indépendance financière, une condition essentielle pour régulariser sa situation après un rejet de sa demande d'asile.
Malgré une première escroquerie par un ami, une partie de son gain, après impôts, est finalement transférée sur le compte de son cousin. Grâce à cette somme, il a pu acquérir Mama Africa, une épicerie située à Falconara, comme l'expliquent nos confrères de Midi Libre.
Son travail acharné dans le magasin et sa maîtrise de la langue italienne lui ont permis de convaincre le tribunal d'Ancône de lui accorder un permis de séjour. Son avocate, Andrea Palazzeschi, souligne que son obtention n'est pas due uniquement à sa richesse, mais aussi à ses compétences et son sérieux.
Le désir de contribuer à la société
Fait surprenant, sa nouvelle identité légale semble avoir plus de valeur pour lui que sa récente fortune. "Recevoir ce permis signifie plus pour moi que gagner l'argent", avoue-t-il avec un immense soulagement. "Je veux travailler et contribuer à la société."







