Delphine Pinto a été condamnée par la cour d'assises spéciale de l’Oise à une peine de 30 ans de réclusion criminelle pour avoir orchestré le meurtre de son mari, Jean-Christophe Piel, en 2021. Ce dernier a été abattu d'une balle dans la nuque pendant qu'il jardinait.
Lors du procès, Yassine Zekri, justiciable jugé à ses côtés, a été reconnu coupable d'avoir exécuté le meurtre sur commande et a reçu également une peine de 30 ans, mais avec une peine de sûreté des deux tiers.
Les délibérations, qui ont duré près de cinq heures, ont tenu audience jusqu'à la tombée de la nuit, le verdict étant rendu juste avant minuit. L'avocat général avait initialement requis perpétuité pour les deux accusés, considérant la gravité des faits.
Un meurtre orchestré
Âgée de 48 ans, Delphine Pinto a avoué devant le tribunal avoir un jour « souhaité » la mort de son époux, en instance de divorce, et en avoir informé son amant. Yassine Zekri a, quant à lui, clamé son innocence tout au long de la procédure.
Trois autres complices ont également été jugés. L'un des amants de Pinto a écopé de 16 ans de réclusion pour avoir facilité le meurtre, tandis qu'un autre, ayant fourni l'arme, a été condamné à dix ans. Le fils de Pinto, accusé d'avoir été informé du plan meurtrier, a été acquitté, alors que l'avocat général avait requis une peine ferme contre lui.
Appels probables
Des avocats ayant représenté les proches de la victime ont qualifié le verdict de « juste », exprimant la satisfaction de leurs clients. Cependant, la défense envisage de faire appel, citant l'absence de preuves matérielles, telles que l'ADN ou des témoins oculaires. L'avocat de Delphine Pinto a décrit le verdict comme « plutôt sévère », remettant en question l'absence de preuves tangibles.
En outre, la cour a décidé du retrait de l'autorité parentale de Pinto sur ses deux filles, une décision qu'elle considère comme « le plus grand des crève-cœur ». Une semaine avant le drame, son mari avait été exonéré de lourdes accusations de violence physique et sexuelle, ayant porté un coup dur à son image.
De fausses accusations ?
Jean-Christophe Piel, kinésithérapeute de 41 ans, était accusé d'agressions sexuelles par les enfants de Pinto, des accusations qui n'ont pas été prouvées après son décès. Lors de son procès, Delphine a reconnu être « mythomane », admettant avoir usurpé des identités dans le passé.
Pour plusieurs témoins, elle a été décrite comme une femme manipulatrice et menaçante. La mère de Jean-Christophe a même déclaré devant la cour : « Je savais qu'on allait le tuer » si elle le quittait. Cette affaire tragique soulève des questions profondes sur la trahison, la manipulation et les conséquences fatales de tels actes.







