La cour d’assises spéciale de l’Oise a prononcé une sentence lourde dans la nuit du 12 au 13 juin : Delphine Pinto a été condamnée à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir provoqué le meurtre de son mari, Jean-Christophe Piel. Celui-ci a été abattu d'une balle dans la nuque alors qu'il s’affairait à son jardin, le 24 août 2021.
Yassine Zekri, également jugé, a été reconnu coupable d'avoir exécuté les ordres de Pinto et a reçu la même peine. Ce dernier a été condamné avec une peine de sûreté de deux tiers, ce qui signifie qu'il devra purger au moins 20 ans avant d'avoir la possibilité de demander une libération anticipée.
Les délibérations ont duré près de cinq heures, avec une salle d'audience comble pendant l'annonce du verdict, attendu jusqu'à minuit. L'avocat général avait requis la réclusion à perpétuité pour les deux accusés, mais c'est finalement une peine de 30 ans qui a été infligée.
Delphine Pinto, âgée de 48 ans, avait précédemment reconnu avoir exprimé le souhait de voir son mari mourir à son amant. Les témoignages durant le procès ont fait apparaître une relation compliquée, marquée par des accusations de violence conjugale et des tensions croissantes. Jean-Christophe Piel avait récemment bénéficié d’une ordonnance de non-lieu suite à des accusations de comportements violents à son encontre, ce qui avait soulevé des questions sur les motivations de sa femme.
« Je n’ai rien à voir avec le décès de Jean-Christophe », a répétée Delphine Pinto, alors que son avocat, Me Arnaud Ledru, a déclaré que la condamnation était sévère, notamment en raison de la révocation de son autorité parentale sur ses deux filles. Ce dernier a exprimé que c'était pour elle « le plus grand des crève-cœurs ».
A l’issue du procès, des avocats représentant la famille de la victime ont exprimé leur satisfaction concernant le verdict, évoquant un sentiment de justice. Cependant, des avocats de la défense ont déjà annoncé leur intention de faire appel, en arguant du manque de preuves tangibles dans cette affaire, comme l'absence d'ADN, d'arme ou de témoignage direct du meurtre.
Les conséquences de cette tragédie ne se limitent pas à la peine infligée, mais touchent également les enfants, qui vont désormais grandir sans l'un de leurs parents. Ce cas rappelle tristement les enjeux complexes des relations familiales et des conflits maritaux, souvent tragiques, dans le droit français.







