Le 19 février 2013, une mère et sa fille Prescyllia, alors âgée de 13 ans, se rendent dans une gendarmerie en Haute-Garonne pour dénoncer des abus. Selon la fillette, Joël Barella, alors âgé de 58 ans, aurait commis des actes d'inceste à son encontre de 2010 à 2013. Le père de Jérôme Barella, membre d'une famille au lourd passé judiciaire, se voit soumis à des accusations à la fois graves et délicates.
Les faits auraient eu lieu chez les grands-parents et au domicile du père séparé de la mère. La victime évoque une répétition des actes sur une longue période, détaillant des attouchements violents contre sa volonté.
La mère de Prescyllia indique avoir alerté les gendarmes après avoir constaté un changement de comportement significatif chez sa fille. Ce changement se traduisait par une agressivité soudaine, un comportement provocateur et des troubles scolaires. Comme le rapportent nos confrères de Libération, elle aurait révélé à sa mère des incidents traumatisants impliquant son grand-père par alliance.
Une famille en défense du grand-père
À peine la plainte déposée, un examen médical ne révèle rien de concret. Cependant, une psychologue note que le comportement de Prescyllia pourrait suggérer des abus. Sur le plan familial, les réactions sont variées. Son père la qualifie de "menteuse" et "aguicheuse", tandis que d'autres membres de la famille semblent adopter une posture défensive vis-à-vis de Joël Barella.
Pour Bérengère, la belle-mère de la jeune victime, le soutien à Joël est motivé par des intérêts familiaux, financiers notamment. "C’est Joël qui soutenait financièrement tout le monde dans la famille", souligne-t-elle dans une interview à BFMTV.
Nouveau développement judiciaire
Joël Barella a été placé en garde à vue en 2014, évoquant l'innocence de ses actions et critiquant la crédibilité de la petite. Mais la justice n’a pas clos le dossier. Le 25 novembre 2020, il s'est présenté devant un juge d'instruction, qui a finalement décidé de ne pas l'inculper, entraînant un non-lieu en 2021.
Les voix qui s'élèvent
Cette affaire n'est pas isolée. En 2015, une autre de ses petites-filles, Maeva, a témoigné avoir subi des abus. À l’âge de 9 ans, elle explique avoir été victime d'attouchements tout un été. Des accusations similaires qui n'ont pas encore donné lieu à des poursuites judiciaires. Toutefois, le parquet de Béziers a récemment annoncé la réouverture de l’enquête concernant Maeva, une décision accueillie avec soulagement par la jeune femme.
Alors que Prescyllia espère également que sa voix sera enfin entendue, la question du soutien à ces jeunes victimes émerge. "Il est temps que justice soit faite", exprime Prescyllia à BFMTV. Le parcours judiciaire reste semé d'embûches, mais ces témoignages pourraient redonner espoir à d'autres victimes dans des situations similaires.







