Pierre Garitte a reçu une peine sévère pour avoir abusé de sa position d'autorité sur ses victimes.
Mercredi 10 juin, le tribunal de Strasbourg a condamné Pierre Garitte, un ostéopathe de 37 ans, à dix-sept ans de réclusion criminelle pour des crimes odieux commis à l’encontre de vingt-neuf de ses patientes. D'après les accusations, il a exercé des actes de viol sur six femmes, tandis que des agressions sexuelles ont été signalées par vingt et une autres.
Décrit comme un "prédateur" par le ministère public, Garitte a tenté de justifier son comportement en déclarant que ses actions étaient motivées par un désir d'apporter des soins. Cependant, cette défense n’a pas convaincu la cour. La juge a souligné le "caractère sériel" de ses actes, qui se sont déroulés dans son cabinet situé à Eschau, en périphérie de Strasbourg.
Les investigations ont été déclenchées suite à la plainte d'une patiente en 2020, datant d’un incident lié à 2018. La police, en scrutant le répertoire de ses patientes, a découvert d'autres victimes disposées à témoigner contre lui.
Dans ses allégations de défense, Garitte a nié avoir commis des pénétrations non consensuelles, arguant qu'il agissait toujours dans un cadre thérapeutique et qu'il avait simplement commis des erreurs. "J’ai dû être nul en anatomie", a-t-il déclaré, cherchant à minimiser ses actes en les qualifiant de "maladresses".
Des experts présents lors du procès ont décrit son comportement comme présentant des traits "narcissiques"; un comportement qui pourrait avoir entravé son jugement éthique, déclenchant des comportements inappropriés. Il avait d'ailleurs été rapporté que, malgré de nombreuses plaintes, il faisait signer à ses patientes une "lettre de consentement" qui contenait des clauses ambigües liées à leur confort lors des soins.
Un appel à la vigilance face aux abus
Les témoignages des victimes, pour la plupart bouleversées, ont largement exposé leur vécu. Certaines d’entre elles ont décrit des expériences où Garitte les aurait contraints à des actes sexuels tout en abusant de la confiance qu'elles avaient en lui. "Je pense que j’ai été utilisée comme un objet sexuel, profitant de ma vulnérabilité", a affirmé Caroline, une patiente dont le témoignage a été crucial pour l’issue du procès.
La procureure de la République, Me Agnès Robine, a plaidé pour une peine exemplaire, crypteur d’un besoin urgent d’éveiller les consciences sur les abus dont peuvent être victimes des patients, souvent désarmés face à des professionnels de la santé. Elle a évoqué la nécessité de repenser le cadre de la médecine alternative, un domaine où les abus peuvent facilement se cacher.
Lavleen Singh-Bassi, l'avocate d'une des victimes, s’est également exprimée sur l’importance de la réhabilitation des victimes, rappelant que celles-ci devaient retrouver leur dignité. L’affaire a ouvert un débat sur le contrôle des professions de santé, soulignant la nécessité d'une régulation stricte pour protéger les patients. "Il est impératif de rappeler que chaque abus doit être dénoncé pour préserver la sécurité de chacun", a-t-elle réitéré.







