En 2025, 468 agressions ont été signalées par des pharmaciens, comme le rapporte le bilan publié ce jeudi 4 juin. Bien qu'il montre une légère baisse d’environ 12 % par rapport à 2024, ce chiffre reste préoccupant.
Les pharmaciens signalent une détérioration de leurs conditions de travail, comme l'indique le Conseil national de l'Ordre des pharmaciens qui souligne, "Derrière ce chiffre, une réalité s’impose: les pharmaciens alertent, signalent, expriment une difficulté croissante à exercer dans un cadre serein."
Les régions les plus touchées incluent l’Auvergne-Rhône-Alpes (13,7 %), l’Île-de-France (13,5 %) et les Hauts-de-France (9,4 %). Ce phénomène soulève des inquiétudes croissantes au sein de la profession.
Insultes, agressions physiques, menaces de mort...
Ainsi, 71 % des agressions signalées touchent des personnes, alors que 13 % concernent à la fois personnes et biens. Près de 72,6 % des agressions verbales ont augmenté de 10 % par rapport à l'année précédente, tandis que les agressions physiques se stabilisent autour de 6,4 %. Les menaces de mort ont atteint 4,9 % des cas. De plus, 10 pharmaciens ont révélé que des armes blanches avaient été utilisées lors de ces agressions.
Globalement, les atteintes aux personnes dominent les statistiques, tandis qu’en Outre-mer, les agressions contre les biens sont en égalité, voire plus fréquentes.
Impatience, refus de délivrance...
Les motivations des agresseurs sont variées : refus de délivrance de médicaments (164 cas), impatience (95 cas), et la difficulté de gestion de stupéfiants (64 cas). Face à ces agressions, l’Ordre des pharmaciens a renforcé ses dispositifs d’accompagnement en offrant formation et soutien. En 2025, 122 référents sécurité ont été mobilisés pour assister 413 pharmaciens victimes d’agression. De plus, le Conseil a été impliqué dans 11 affaires judiciaires.
Gildas Bernier, référent sécurité, insiste sur l’importance de la déclaration d’agression, affirmant : "Déclarer compte! Déclarer permet de mesurer, de documenter, d’alerter et d’agir." Cela doit inciter la profession à ne pas banaliser une réalité alarmante.







