Le terme de jardin thérapeutique est probablement familier, désignant l'univers de l'hortithérapie. Cependant, l'expression jardin de soins évoque une approche plus chaleureuse et accessible. Comme le souligne Xavier Mathias, expert en maraîchage bio, ce concept est mis en lumière dans l'œuvre de Paule Lebay, qui a réalisé un projet de jardin de soins au cours de sa carrière d'infirmière. Pour une hortithérapie réussie, quelques clés sont essentielles avant de se lancer.
Les origines de l'hortithérapie
La France, en raison de sa culture médicale axée sur la rationalité, a pris du retard dans l'adoption de l'hortithérapie. Ce concept, né aux États-Unis à la fin du XVIIIe siècle grâce à Benjamin Rush, a d'abord observé des améliorations chez des patients mentaux travaillant dans des jardins. Au XXe siècle, le jardinage est devenu un élément des protocoles de soins dans les établissements psychiatriques. Aujourd'hui, l’AHTA (American Horticultural Therapy Association) reste une référence incontournable.
Au Canada, des recherches financées ont permis un essor rapide de l'hortithérapie, alors qu'au Japon, Kenshi Nishino a révélé les bénéfices du jardinage sur les fonctions cognitives humaines. En Europe, l’hortithérapie est de plus en plus intégrée dans le traitement de diverses pathologies.
Jardin de soins : un espace de bien-être
Le jardin de soins ou jardin du care n'est pas simplement un espace de culture. Conçu pour le bien-être de personnes vulnérables (personnes malades, âgées ou handicapées), il favorise le contact avec la nature et apporte un mieux-être significatif. Des études montrent clairement les effets bénéfiques du jardinage sur la santé mentale.
À noter que la France ne propose pas encore de formation diplômante pour devenir hortithérapeute. Toutefois, des professionnels œuvrent dans le cadre de la Fédération Française Jardins, Nature et Santé (FFJNS).
L'hortithérapie : cibles et lieux
À ses débuts, l'hortithérapie visait des patients présentant des troubles moteurs. Aujourd'hui, elle englobe un large éventail de publics, notamment :
- Les victimes de stress post-traumatique ;
- Les personnes souffrant de troubles du comportement ou de l'attention ;
- Les patients atteints de troubles cognitifs comme Alzheimer ;
- Les personnes en dépression ou en burn-out ;
- Les patients en période de suivi postopératoire ;
- Et bien d’autres.
Les jardins de soins se retrouvent dans divers lieux d'accueil comme :
- Les EHPAD et maisons de retraite ;
- Les centres de rééducation ou d’addictologie ;
- Les instituts médico-éducatifs ;
- Les foyers pour femmes victimes de violences ;
- Les établissements pour travailleurs handicapés.
Créer un jardin de soins
Paule Lebay souligne qu’il n'existe pas un modèle universel de jardin de soins, mais plutôt des jardins adaptés au public et aux objectifs thérapeutiques. Des éléments communs tels que :
- La proximité des bénéficiaires,
- Un accès facile au jardin,
- Des zones de détente, d'activités et de rencontres.
Le choix des plantes doit aligner avec les objectifs thérapeutiques et peut inclure :
- Des plantes indigènes, apportant une mémoire du lieu ;
- Des plantes pérennes, servant de repères visuels ;
- Des variétés florales attirant la faune.
Il est également essentiel de choisir des outils ergonomiques, adaptés aux utilisateurs. Avec de nombreux établissements susceptibles de bénéficier d'un jardin thérapeutique, le livre de Paule Lebay, Créer un jardin de soins* se positionne comme une ressource inestimable pour ceux désireux de bâtir un projet de jardin de soins.
* Éditions Terre vivante - 208 pages - 10 mai 2022 - 25 €







