Des greffières du tribunal judiciaire de Lyon ont fait part de leurs expériences de discrimination, de harcèlement et d'injustice dans une interview accordée à BFM Lyon. L'une d'elles, handicapée suite à un AVC, a raconté avoir dû réapprendre à écrire de la main gauche et se déplacer avec une seule jambe.
"Je suis arrivée à bout"
Malgré son handicap, cette greffière a été contrainte de travailler dans plusieurs services simultanément. "C'était un moyen de me faire démissionner. Dix jours dans ces conditions m'ont semblé interminables", confie-t-elle, faisant état des difficultés physiques entraînées par des changements fréquents de service.
Les accusations se concentrent sur un cadre spécifique, décrit par les plaignantes comme abusant de son autorité pour déprécier ceux en situation de handicap.
"Après un entretien avec lui, j'étais prête à mettre fin à mes jours", avoue l'une des greffières.
La pression était telle qu'elle a dû puiser dans le soutien de ses collègues pour surmonter cette épreuve.
Le tribunal réagit
Une autre greffière a corroboré les accusations de discrimination en décrivant des évaluations injustes lors de sa formation. "Mes résultats étaient systématiquement diminués, bien que mes performances aient été reconnues comme bonnes", a-t-elle rapporté à BFM Lyon.
Tarik Bachir, avocat au barreau de Lyon, a saisi la justice administrative, soulignant les obstacles à un éventuel recours pénal, affirmant que "les magistrats ne poursuivront jamais leurs collègues".
Le tribunal judiciaire a déclaré avoir précédemment pris en compte les difficultés notées par deux stagiaires et affirme que chaque situation a été traitée avec soin par la hiérarchie. Cependant, le cadre dénoncé reste en poste, suscitant des interrogations quant à la gestion des allégations.







