Sur le plateau de BFM Business le 1er avril, Adrien Bilal, récemment récompensé du prix du meilleur jeune économiste 2026, a déclaré : "On pourrait être beaucoup plus riches sans le changement climatique". Selon ses recherches, les conséquences économiques du réchauffement climatique ont été dramatiquement sous-estimées.
D'ici à 2100, si aucune mesure n'est adoptée, le changement climatique pourrait coûter jusqu'à 50% du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial, bien au-delà des estimations précédentes.
Bilal précise que cette perte n'indique pas que nous serons moins riches que maintenant, mais plutôt que nous atteindrions un PIB beaucoup plus élevé en l'absence de changement climatique. Collaborant avec Diego Känizig, il affirme qu'un réchauffement de 1°C entraînera une réduction de 20% du PIB mondial à long terme, le coût social du carbone étant évalué à 1.200 dollars la tonne.
Il ajoute : "Nous avons souvent analysé les effets des températures par pays, ce qui nous fait manquer d'autres implications. Le changement climatique entraîne des changements dans les océans et des régimes météorologiques, provoquant plus de sécheresses et d'autres crises".
Privilégier l'électrification
Pour contrer ces effets, il insiste sur le besoin pour l'Union Européenne de poursuivre activement ses efforts de décarbonation. Bien qu'elle soit déjà l'une des régions les plus écoresponsables, elle doit intensifier ses actions pour limiter les coûts futurs.
"Nous sommes encore loin du niveau de décarbonation nécessaire pour le bien-être européen. Nos recherches montrent qu'il serait judicieux de décarboniser environ 70% de l'activité économique pour diminuer considérablement les impacts négatifs", souligne-t-il.
Concernant la flambée actuelle des prix du carburant, Bilal avance une vision à long terme axée sur l'électrification des véhicules et d'autres secteurs de l'économie. "La France bénéficie d'une électricité très décarbonée, et il est essentiel d'en tirer parti", conclut-il.







