Le transporteur Ziegler France, ainsi que l'une de ses filiales, a été placé mardi en liquidation par le tribunal de commerce de Lille Métropole. Cette décision a plongé dans le désarroi environ 1.500 salariés à travers le pays.
Les réactions des employés présents lors du délibéré étaient vives, certains exprimant leur colère par des cris de "voleurs" et "assassins". Jean-Louis Borie, l'avocat des employés, a qualifié cette situation de "gâchis absolu".
Il a également souligné qu'il y avait eu des signes de détérioration bien avant la décision actuelle. "La vraie question est : pourquoi le bilan n'a-t-il pas été déposé plus tôt, alors que la société était déjà en cessation de paiements depuis deux ans ?" s'est interrogé Me Borie.
David Clairet, délégué syndical central CGT de Ziegler France, a affirmé qu'une intervention antérieure aurait pu permettre de limiter les pertes en mettant en œuvre un plan social. "Il aurait peut-être été possible de réduire l'impact sur les salariés", a-t-il ajouté.
Le 2 mars, la société avait été placée en redressement judiciaire, mais avec moins d'un mois pour trouver des repreneurs, la liquidation était désormais inévitable.
Alain Ziegler, PDG de la société, a évoqué une "baisse significative de l'activité" et une "dégradation de la rentabilité" causée par l'augmentation des coûts énergétiques. Prenant acte de la situation avec une profonde tristesse, il a affirmé que cette décision était regrettable.
Les témoignages de salariés comme Amandine Damay, travaillant pour une filiale de Ziegler, sont poignants : "On s'y attendait, mais on ne voulait pas y croire... C'est fini, les portes se ferment dès ce soir", a-t-elle déclaré, visiblement en larmes.
D'autres, comme Xavier, un technicien de Ziegler depuis huit ans, ont exprimé leur frustration envers la direction : "C'est arrivé comme une tornade. Du jour au lendemain, plus de boulot. Le patron ne se soucie pas de nous."
Malgré les avertissements, le tribunal a établi que la société avait cessé ses paiements dès septembre 2022, bien qu'elle n'ait été placée en redressement qu'en mars 2023.
Les élus ont été laissés dans l'incertitude totale quant à la situation financière de Ziegler France, qui avait accumulé des "pertes abyssales" sur les dernières années, d'après Me Borie.
Avec la flambée des prix des carburants due à la guerre au Moyen-Orient, la recherche de repreneurs viables était, de l'avis des experts, une mission presque impossible.
Bien qu'il y ait eu quelques offres pour certaines agences de Ziegler, celles-ci étaient jugées insuffisantes au regard de l'ampleur de l'entreprise. Deux autres filiales, Ziegler Services et Dornach, continueront à bénéficier d'une période d'observation jusqu'au 28 avril pour envisager leur avenir.
Ziegler France fait partie d'un groupe familial belge, fondé en 1908 et engagé dans toute la chaîne logistique mondiale. Le groupe avait récemment fait état d'une "réflexion" pour stabiliser sa filiale française et envisager un potentiel "remodelage" des activités.
Ralph Boussier, l'avocat de M. Ziegler, a tenu à rappeler que malgré les efforts, la situation était devenue ingérable. "Monsieur Ziegler a tenté de tout faire pour préserver les emplois", a-t-il conclu.







