Un pétrolier russe sanctionné, l'Anatoly Kolodkin, doit accoster à Cuba mardi, contournant ainsi le blocus des États-Unis sur l'approvisionnement pétrolier de l'île, déjà soumise à de graves pénuries de carburant.
Actuellement en mer, le pétrolier transporte 730 000 barils de brut et navigue le long de la côte nord de Cuba, se dirigeant vers le port de Matanzas. Initialement prévu pour lundi, son arrivée a été repoussée à mardi selon les données de MarineTraffic.
Cuba n'a plus importé de pétrole depuis le 9 janvier, date à laquelle un dernier envoi en provenance du Mexique avait été fait, avant que ce pays ne suspende ses exportations sous la pression des États-Unis.
Jorge Piñón, spécialiste de l'énergie à l'université d'Austin, a exprimé son étonnement quant à l'inaction des États-Unis pour intercepter le pétrolier. "Une fois dans les eaux cubaines, l'interception sera quasiment impossible", a-t-il commenté à l'AFP.
Le président américain Donald Trump a quant à lui déclaré que l'arrivée de pétrole à Cuba ne changerait rien à la situation de l'île. "Cuba est fini... Peu importe la cargaison qu'ils reçoivent", a-t-il affirmé.
D'après le New York Times, les garde-côtes américains auraient même implicitement permis au pétrolier de continuer sa route vers Cuba, selon des sources anonymes. Cependant, le gouvernement américain a récemment réitéré que les hydrocarbures russes ne peuvent pas être livrés à Cuba ni à d'autres pays sous embargo.
Cuba a également perdu son principal fournisseur énergétique, le Venezuela, après la capture par les forces américaines de Nicolas Maduro en janvier. Cette situation a aggravé la crise énergétique qui frappe l'île, provoquant des coupures de courant pouvant dépasser 20 heures.
Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a instauré des mesures de rationnement du carburant, entraînant une augmentation des prix et une réduction drastique des transports publics.
Le 20 mars, le Kremlin a annoncé négocier des solutions avec Cuba, affirmant leur engagement à soutenir l'île face à la crise, tout en évitant de confirmer d'éventuelles livraisons clandestines de gazole.
Une fois arrivé, le traitement du pétrole pourrait prendre jusqu'à 20 jours, et produire environ 250 000 barils de gazole pour Cuba, suffisant pour répondre aux besoins immédiats pendant une dizaine de jours. Le gouvernement devra alors trancher sur la répartition de ce carburant, crucial pour maintenir les activités économiques.
L'Anatoly Kolodkin, affecté par des sanctions américaines, a quitté le port russe de Primorsk le 8 mars, escorté par un navire militaire russe jusqu'à ce qu'il atteigne l'Atlantique.







