De la viande au fromage, la Normandie qui partage la valeur
Alors que le film La Guerre des prix s'installe dans les salles, exposant les tensions entre agriculteurs et grandes surfaces, Pascal Grosdoit, dirigeant de la Maison Grosdoit, installée au Marché d’Intérêt National de Rouen, incarne une vision distincte de l’alimentation en Normandie. Il prône une filière bâtie sur la valeur partagée, mettant en avant la viande et le fromage de terroir.
Une entreprise au cœur du MIN de Rouen
La Maison Grosdoit se spécialise dans la transformation et la vente de viande, mais son engagement s'étend également au fromage normand. L'entreprise vise à valoriser les produits locaux, à soutenir les agriculteurs et à établir des filières durables, un objectif crucial depuis la pandémie de Covid.
« Vendre n'est pas suffisant ; il est essentiel de tisser des liens solides entre producteurs, transformateurs et consommateurs », souligne Pascal Grosdoit. Il résume sa philosophie : « L’idée, c’est de bâtir des filières de bons produits agricoles normands ».
La génération qui reprend la main
Le film La Guerre des prix met en avant les tensions entre producteurs et grandes surfaces, mais Pascal Grosdoit met l’accent sur un enjeu fondamental : la succession en agriculture. « Nous faisons souvent face à des jeunes générations, et la question de l'avenir se pose : qu’est-ce qui les attend ? »
Un défi majeur se profile, alors qu’une grande partie des agriculteurs sont proches de la retraite. Cela pose la question cruciale des transmissions, de la reprise, et d’une rémunération équitable pour ceux qui prendront en charge la production future.
Autour d’une table, pour partager la valeur
Pour Pascal Grosdoit, la collaboration débute par un moment essentiel : se rassembler autour d’une table. « Il est primordial que tous – agriculteurs, transformateurs – se rencontrent pour définir ensemble les productions et les standards de qualité, questionne-t-il. Puis, comment parvenir à une rémunération juste pour chaque acteur ? »
Une fois ces aspects mis sur la table, il est possible d'établir un prix basé sur une répartition équitable et transparente des valeurs.
Une pépite normande : Stéphane Tougard
À Bernières, Stéphane Tougard incarne parfaitement cette approche. Avant la pandémie, il sollicitait l'aide de Grosdoit pour transformer son lait et créer des yaourts. Deux ans plus tard, ce projet a vu le jour avec succès. Aujourd'hui, Stéphane produit également du fromage, génère des emplois et développe des savoir-faire précieux pour son territoire.
« C'est un schéma extraordinaire », affirme Pascal Grosdoit. Ici, un agriculteur parvient à subvenir aux besoins de sa famille tout en enrichissant l’économie locale.
Voir ensemble La Guerre des prix
Alors que le film plonge le public dans les relations tendues entre producteurs et centrales d’achat, l’expérience de la Maison Grosdoit illustre un modèle alternatif, construit localement grâce à la communication et à la transparence.
« Il y a de l’espoir en Normandie », conclut l’entretien. Pascal Grosdoit incarne cette possibilité : un cadre où la viande, le lait, le fromage et les yaourts représentent bien plus que des produits. Ils sont le fruit d’un échange riche entre producteurs et transformateurs. En somme, la Maison Grosdoit montre qu’il est possible de privilégier la qualité, la proximité et la valeur partagée face à la pression des prix.







