Des frappes effectuées par l'Iran ont causé des "dommages importants" à Ras Laffan, le principal site de liquéfaction de gaz naturel au Qatar. Ces événements ravivent les inquiétudes d'une crise économique généralisée et entraînent de nouvelles menaces de Donald Trump envers Téhéran.
Ce conflit, qui a commencé avec les attaques israélo-américaines contre l'Iran fin février, a pris un tournant alarmant : les cibles incluent maintenant directement les sites de production d'hydrocarbures plutôt que de se limiter simplement aux infrastructures de stockage et de transport.
Le marché pétrolier a été rapidement affecté, avec une hausse du prix du Brent de plus de 6% en matinée, tandis que le prix du gaz européen a crû de 35% avant de se stabiliser à un niveau supérieur à 28%. Ce mouvement volatile des marchés reflète la perturbation engendrée par les hostilités.
Les Bourses européennes ont aussi enregistré de fortes baisses. Francfort et Paris ont perdu respectivement 1,50% et 1,20%, tandis que Londres et Milan ont suivi la tendance avec des reculs similaires.
"Ce jour marque une escalade significative dans le conflit au Moyen-Orient. Les conséquences économiques se feront probablement sentir pendant des années", a déclaré Theresa Fallon, directrice du think tank CREAS à Bruxelles, sur le réseau X.
Après des frappes initiales mercredi, le Qatar a notamment signalé une attaque irakienne sur son site stratégique de Ras Laffan. QatarEnergy a reconnu des "dommages considérables", bien que les incendies aient été maîtrisés rapidement et sans victimes à déplorer.
Ces frappes semblent être une réponse à des bombardements plus récents ciblant le site gazier South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz au monde, partagée entre l'Iran et le Qatar.
Le président américain a confirmé sur sa plateforme Truth Social qu'Israël avait frappé la partie iranienne de ce site offshore, précisant que les États-Unis n'étaient pas au courant de cette opération. "Israël, sous le coup de la colère, a attaqué" les installations de South Pars, a-t-il déclaré.
Donald Trump a menacé de graver dans le marbre des frappes contre les champs gaziers iraniens si ces derniers poursuivaient leurs agressions. Il a ajouté : "AUCUNE ATTAQUE NE SERA MENÉE PAR ISRAËL", avant de mettre en garde que les États-Unis pourraient agir "massivement" si l'Iran s'en prenait à des pays tels que le Qatar.
Le Qatar, deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, traverse des périodes troublées. Jeudi, une unité opérationnelle de la Kuwait National Petroleum Company a aussi été touchée par une attaque de drone, entraînant un incendie, selon le ministère koweïtien de l'Information.
Malgré les bombardements israélo-américains, l'Iran démontre qu'il conserve encore une capacité de frappe importante. Tulsi Gabbard, cheffe des services de renseignement américains, a affirmé devant le Congrès que, malgré des attaques visant ses dirigeants et capacités militaires, "le régime iranien perdure".
Aux Émirats, Abou Dhabi a dû fermer un complexe gazier à la suite de débris de missiles interceptés.
Le Qatar a vivement dénoncé ces attaques, suggérant qu'elles franchissent toutes les limites en visant des civils et des infrastructures essentielles. L'Arabie saoudite, quant à elle, a affirmé se "réserver le droit" de répliquer militairement aux provocations iraniennes, continuellement renforcées par des frappes par drones et missiles.
La question des transports de hydrocarbures reste une préoccupation centrale, les gouvernements du monde entier cherchant des solutions pour sécuriser le détroit d'Ormuz, par où transite 20% des ressources pétrolières et gazières mondiales.
Un incident survenu tôt jeudi a vu un navire touché dans le golfe d'Oman par un "projectile inconnu", tandis qu'un autre fut affecté près de Ras Laffan. Réunie en urgence à Londres, l’Organisation Maritime Internationale (OMI) pourrait demander l'établissement d'un corridor maritime sécurisé pour les navires bloqués dans le Golfe persique, une situation touchant environ 20.000 marins.
La flambée des prix de l'énergie a dominé les discussions au sein de la Banque centrale européenne, suivie de près par les délibérations de la réserve fédérale américaine. Emmanuel Macron a appelé à un moratoire concernant les infrastructures civiles, notamment dans le secteur énergétique, aux côtés de discussions avec Donald Trump et l'émir du Qatar.
"Il est crucial de préserver les besoins essentiels des populations civiles, ainsi que la sécurité des approvisionnements énergétiques, contre l'escalade militaire", a-t-il souligné.







